La Turquie frappe à nouveau des cibles kurdes syriennes

Ankara - La Turquie a frappé des milices kurdes syriennes dans le nord de la Syrie pour la deuxième fois depuis le milieu de la semaine, a annoncé samedi l'armée turque, citée par l'agence officielle de presse Anadolu.

Quelque 70 positions des Unités de protection du peuple kurde (YPG), branche armée du parti kurde syrien PYD, ont été visées vendredi, ont déclaré les militaires dans un communiqué, sans préciser s'il y avait eu des pertes parmi les combattants kurdes.

Deux rebelles syriens, soutenus par Ankara, ont été blessés dans des échanges de tirs avec des membres de l'YPG dans la ville syrienne de Jarabulus (nord), ont-ils ajouté.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, l'armée turque avait annoncé avoir procédé à une série de frappes contre ces milices kurdes dans la région d'Alep, la grande cité du nord de la Syrie, affirmant avoir tué jusqu'à 200 combattants.

De son côté, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme a fourni un bilan beaucoup moins élevé d'au moins 11 morts et 24 blessés au sein des Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition arabo-kurde de 30.000 combattants kurdes et arabes soutenue par les Etats-Unis.

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a à cet égard menacé de poursuivre les opérations contre l'YPG et le PYD, avertissant que si ces deux organisations continuaient d'attaquer (l'opposition syrienne, ndlr) combattant Daech, le groupe Etat islamique, la Turquie ferait le nécessaire.

Cité samedi par Anadolu, le ministre a de nouveau accusé l'YPG de chercher à créer son propre canton élargi plutôt que de se concentrer sur la lutte contre l'EI, en voulant pour preuve les attaques contre l'opposition modérée.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a affirmé samedi que les rebelles syriens soutenus par la Turquie allaient désormais avancer vers Al-Bab après avoir pris Jarabulus et Al-Rai à l'Etat islamique.

Nous devons préparer une zone exempte de terroristes, a-t-il encore dit de Bursa, dans le nord-ouest de la Turquie, dans une allocution télévisée.

Les milices kurdes syriennes sont appuyées par Washington dans la lutte contre l'EI. Mais la Turquie, qui veut empêcher la constitution d'une région autonome kurde à sa frontière dans le nord de la Syrie, les considère comme des groupes terroristes.

Ankara a déclenché le mois dernier une opération terrestre dans le nord de la Syrie qui vise à soutenir les rebelles de l'opposition syrienne et à chasser l'Etat islamique de la frontière, mais également les combattants kurdes du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), qui a pris les armes pour la première fois en 1984 contre les autorités turques, et des YPG.

(©AFP / 22 octobre 2016 16h35)
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