La dépouille de l'ex-roi du Burundi reste aux pompes funèbres

La dépouille de l'ex-roi du Burundi, exhumée en 2012 du cimetière de Meyrin (GE) pour être rapatriée en Afrique, reste entreposée aux pompes funèbres. Dans un jugement écrit, la justice genevoise n'a pas statué sur son sort.

"Le juge du Tribunal civil a rejeté la requête de ma cliente qui demandait que la dépouille de son oncle soit réinhumée à Meyrin. Il considère que cela ne fait pas partie de la cessation du trouble, mais sans dire pourquoi", a expliqué jeudi à l'ats Vincent Spira. L'avocat d'une des nièces du monarque venait de recevoir le jugement écrit daté du 5 juin.

Me Spira va faire appel de cette décision auprès de la Cour civile de la Cour de justice. Le jugement n'étant pas définitif, il a par ailleurs formellement interdit jeudi à l'entreprise des pompes funèbres qui conserve les restes de Mwambutsa IV depuis 2012 de les déplacer.

A la demande de sa demi-soeur, fille dudit roi, et du gouvernement burundais, une Burundaise vivant à Genève a exhumé le corps en vue de le rapatrier dans son pays pour des funérailles nationales. Renversé en 1966 après 50 ans de règne, Mwambutsa IV avait obtenu l'asile en Suisse, où il est mort en 1977. Dans son testament, il exprimait sa volonté de rester enterré à Meyrin.

Des obsèques nationales
Une de ses nièces s'oppose à ce rapatriement. "La princesse, ma cliente, a eu gain de cause sur le fond, a souligné Me Spira. Le Tribunal civil admet qu'elle est assez proche du roi pour agir, que l'exhumation est contraire au droit et qu'il n'y a pas d'intérêt public prépondérant à déplacer la dépouille au Burundi."

Alain Marti, avocat d'autres membres de la famille, livre une autre interprétation: "Même si le tribunal dit qu'il ne peut pas décider ce qu'il faut faire de la dépouille, le jugement remplit les besoins du Burundi, dans la mesure où il lève l'opposition de la nièce et met fin au blocage." Selon ses clients, la princesse n'était pas proche du défunt. "Je me demande quel but elle poursuit."

En mars, Me Marti avait invoqué l'importance, pour le Burundi, d'organiser des obsèques nationales pour l'ex-roi afin de réconcilier un "peuple au bord du gouffre." Ce petit pays de l'Afrique des Grands lacs est sous haute tension depuis la mi-avril en raison de la candidature contestée du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat lors de l'élection du 15 juillet.

(ats / 11.06.2015 17h18)