La "finance alternative" proche du milliard d’euros collecté en 2017 en France

Adrien Aumont, cofondateur de la plateforme KissKissBankBank, le 8 septembre 2017 à Athènesnnnnposes during an economic forum at the Stavros Niarchos foundation during an official visit of French President Emmanuel Macron on September 8, 2017 in Athens. / © AFP/Archives / LUDOVIC MARIN
La "finance alternative" - hors système bancaire traditionnel - a bondi de 50% l’an dernier en France et permis de récolter 940 millions d'euros, selon le baromètre réalisé par KPMG pour Financement Participatif France (FPF), publié jeudi.

"Ce qui est intéressant, c'est qu'on a un nombre de financeurs, de porteurs de projets et de secteurs d'activités qui s'élargit", a indiqué à l'AFP Mikaël Ptachek, responsable de la Practice Fintech chez KPMG.

Le financement participatif, sur des plateformes de type KissKissBankBank, représente 336 millions d'euros, en hausse de 44% par rapport à l'année 2016.

Parmi les différentes formes de financement participatif, les investisseurs ont privilégié les prêts, à hauteur de 195,4 millions d'euros, un montant doublé sur un an (+102%). Suivent les dons avec une collecte de 82,8 millions d’euros (+20%) et les investissements en capital, qui reculent de 15% à 58 millions d'euros.

Les 10 plus grosses plateformes de financement participatif ont capté plus de 60% du montant global collecté. Cela s'explique par le fait que certaines plateformes sont généralistes (KissKissBankBank, Ulule) quand d'autres comme WineFunding (vin), MiiMOSA (agriculture) ou Enerfip (transition énergétique) ciblent des marchés de niche.

Concernant les autres formes de finance alternative répertoriées par KPMG, les prêts aux entreprises en ligne bondissent de 156% à 215 millions d'euros. Les prêts à la consommation en ligne (231 millions d'euros) ont augmenté de 17% et les cagnottes en ligne (155 millions d'euros) de 37%.

Depuis leur création, les différentes plateformes de finance alternative ont collecté un total de 2,3 milliards d'euros en France, dont 814 millions pour les plateformes de financement participatif, selon les données collectées par KPMG.

Le montant moyen de la collecte par projet en 2017 varie de 1.249 euros pour un prêt non rémunéré à 487.395 euros pour un prêt via des obligations.

Au total, 24.126 projets (+12,8%) ont été financés par près de 1,7 million de "financeurs" - personnes ayant souscrit à un ou des projet(s) en ligne - en 2017.

Les TPE/PME et ETI constituent 65% des porteurs de projets. Les particuliers, à 14%, arrivent en seconde position et les start-ups (12%) complètent le podium.

En matière de répartition sectorielle, 261 millions d'euros ont été récoltés pour des projets à caractère économique (immobilier, commerce et services, environnement, etc), loin devant le secteur culturel (45 millions d'euros) et le secteur social (30 millions d'euros).

L'étude de KPMG a été réalisée à partir des réponses de 74 plateformes de financement alternatif.

Une autre étude menée conjointement par l'université de Cambridge et KPMG sur la finance alternative en Europe sera publiée la semaine prochaine. Selon la dernière en date, de 2015, ce marché pesait alors 5,4 milliards d'euros, dont 4,3 milliards pour le seul Royaume-Uni. La France arrivait en deuxième position avec "seulement" 319 millions d’euros, juste devant l'Allemagne (249 millions).



(©AFP / 18 janvier 2018 17h28)


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