La fusion Broadcom/Qualcomm définitivement enterrée

Paris - Le fabricant de microprocesseurs Broadcom, basé à Singapour, a officiellement retiré mercredi sa gigantesque offre de rachat de son concurrent américain Qualcomm, qui avait été bloquée par Donald Trump au nom de la sécurité nationale.

"Bien que nous soyons déçus, nous allons nous conformer avec le décret" du président américain, a déclaré Broadcom dans un communiqué, enterrant définitivement une OPA qui, à 117 milliards de dollars, s'annonçait comme la plus importante du secteur et l'une des plus grosses jamais réalisées.

Pour justifier cette interdiction abrupte, Washington a évoqué des "éléments crédibles" de menace pour la sécurité des Etats-Unis, si jamais une société étrangère prenait le contrôle d'infrastructure télécoms américaines.

Qualcomm, qui s'opposait depuis des mois aux visées de son rival, avait saisi le Comité sur les investissements étrangers (CFIUS), chargé d'examiner les rachats ou investissements étrangers à l'aune de la sécurité nationale.

Broadcom, née du rachat du groupe américain du même nom par un groupe américano-singapourien, avait tenté en vain d'atténuer ces inquiétudes en promettant de revenir s'installer aux Etats-Unis.

La société a fait savoir mercredi que ce projet de déménagement de son siège suivait son cours, en dépit du retrait de son offre de rachat.

Le rachat de Qualcomm, "leader" de la 5G grâce à ses nombreux brevets, aurait affaibli la domination américaine dans cette technologie de l'internet mobile ultrarapide.

Si Broadcom est basé à Singapour, c'est la crainte de la Chine qui est derrière la décision des autorités américaines.

Pour le CFIUS, la prise de contrôle de Qualcomm aurait facilité l'ascension d'entreprises chinoises comme Huawei sur ce marché indispensable au développement de nombreuses nouvelles technologies (comme les voitures connectées ou la robotique).

Broadcom a réfuté lundi tout problème de sécurité nationale et s'était même engagé à des investissements pour garantir la domination américaine dans la 5G.

juj/aue/tes

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(©AFP / 14 mars 2018 13h30)
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