La hausse rapide de la production américaine bouscule le pétrole

New York - Le prix du pétrole new-yorkais reculait mardi à l'ouverture, fragilisé par la multiplication de signaux sur la vive augmentation de l'offre de brut aux Etats-Unis.

Le baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en mars, référence américaine du brut, cédait vers 14H10 GMT 49 cents et s'échangeait à 58,80 dollars sur le New York Mercantile Exchange.

"Les données sur la progression de l'exploitation du pétrole de schiste aux Etats-Unis n'arrêtent pas de s'empiler et ce n'est pas de bon augure pour ceux misant sur une progression des cours", a mis en avant John Kilduff d'Again Capital.

Dernier rapport en date: l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a souligné, mardi, dans son rapport mensuel qu'"après avoir considérablement réduit les coûts", les producteurs américains connaissent une "croissance si extraordinaire" que l'augmentation de leur production en 2018 "pourrait égaler la hausse de la demande mondiale".

Le pays serait en passe de devancer l'Arabie Saoudite puis, d'ici à la fin de l'année, la Russie, devenant "le leader mondial".

La veille, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) avait estimé que la production des Etats-Unis demeurait "préoccupante".

L'Agence américaine d'information sur l'énergie a aussi estimé lundi que la production de pétrole de schiste devrait atteindre 6,76 millions de barils par jour en mars dans le pays, soit 110.500 barils de plus qu'en février et 1,3 million de barils de plus qu'en mars 2017.

"Cette poussée rapide devient problématique", a estimé M. Kilduff. "D'autant plus que les producteurs américains sont particulièrement offensifs et sont prompts à exporter le pétrole, comme l'illustre l'envoi récent d'un cargo de brut américain aux Emirats arabes unis."

"Cela aurait semblé incroyable il y a quelques années, mais c'est désormais un signe précurseur du marché à venir", a jugé l'AIE.

Les sociétés américaines profitent en effet pleinement de la remontée des cours à l'oeuvre depuis l'été dernier, conséquence de l'accord de réduction de la production entre l'Opep et d'autres pays producteurs, dont la Russie. Cet accord, signé en 2016, court jusqu'à la fin de l'année.

Si l'objectif semblait à portée de main, les stocks de produits pétroliers ayant considérablement décru dans les pays membres de l'OCDE en 2017 et les prix ayant connu une belle remontée en deux ans, l'augmentation de l'offre américaine commence à inquiéter les marchés.

Cependant, il ne faut pas écarter une perturbation de l'offre causée par la géopolitique, a rappelé Tamas Varga, analyste chez PVM.

"Le Venezuela a déjà vu sa production chuter", a-t-il souligné.


(©AFP / 13 février 2018 14h22)
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