La néobanque N26 dans le viseur du régulateur allemand

Berlin - Le régulateur bancaire allemand s'est alarmé vendredi de la possibilité d'ouvrir un compte avec de faux papiers d'identité auprès de la banque mobile N26, l'étoile montante de la Fintech.

A partir d'un smartphone ou d'un ordinateur, la banque en ligne N26 permet d'ouvrir un compte en quelques minutes et de disposer d'une carte bancaire gratuite.

En Allemagne, l'ouverture d'un compte hors agence physique nécessite de passer par un service de la Deutsche Post (Postident), qui vérifie l'authenticité de la pièce d'identité via un entretien vidéo avec un employé.

L'autre procédure d'ouverture, utilisée par N26 dans plusieurs pays, y compris au Royaume-Uni ou au Portugal, consiste à simplement envoyer une photo de sa pièce d'identité.

L'hebdomadaire allemand économique Wirtchaftswoche affirme dans son édition de vendredi avoir réussi à ouvrir des comptes N26 avec de faux documents, qui n'ont donc pas été authentifiés par la banque mobile.

Interrogé par l'AFP, la Bafin, le régulateur bancaire allemand, a déclaré à l'AFP prendre ces "informations très au sérieux" tandis qu'elle précisait au journal Wirtschaftswoche juger la procédure d'identification de N26 "non conforme aux lois sur le blanchiment d'argent".

Le contrôle de l'identité des propriétaires de comptes est au centre du dispositif anti-blanchiment d'argent.

En France les comptes ouvrables dans un bureau de tabac, via la société Nickel, avaient alerté le ministère des Finances en 2015, notamment au "nom de la lutte conter le terrorisme".

Détentrice d'une licence bancaire, la banque allemande N26 revendique plus d'un million de clients en Europe.

Les néobanques (Hello Bank, C-Zam, Boursorama), qui renoncent à exploiter un réseau d'agences classiques et proposent des frais bancaires drastiquement réduits, séduisent de plus en plus de clients.

dar/cfe/bh

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(©AFP / 12 octobre 2018 11h49)
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