L'armée fait usage de bombes à sous-munitions, selon HRW

L'organisation non gouvernementale Human Right Watch (HRW) a dénoncé l'usage fait par l'armée ukrainienne de bombes à sous-munitions contre les séparatistes prorusses dans l'Est. Le délégué suisse du CICR a été tué par un de ces engins début octobre, selon HWR.

Dans un rapport publié dans la nuit, l'organisation dont le siège est à New York affirme avoir constaté "un usage répété de bombes à sous-munitions dans les combats entre les forces gouvernementales et rebelles prorusses dans plus d'une douzaine d'endroits, en ville comme à la campagne".

S'il est impossible de déterminer l'origine de la plupart de ces attaques, "des preuves désignent la responsabilité des forces gouvernementales ukrainiennes pour plusieurs attaques à Donetsk", le principal fief séparatiste, précise HRW.

Un village tenu par l'armée
L'attaque qui a coûté la vie à un employé du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), un Neuchâtelois de 38 ans, le 2 octobre à Donetsk, a été menée avec des roquettes à sous-munitions, affirme l'ONG.

Le CICR n'a pas encore livré les résultats de son enquête sur ce décès, mais HRW précise avoir établi que le délégué se trouvait devant l'office de l'organisation ce jour-là à Donetsk lorsque les bombes à sous-munitions ont frappé le bâtiment. Une équipe de l'AFP a vu le corps de la victime, gisant dans une mare de sang, face contre terre, à l'extérieur de l'édifice.

La dépouille se trouvait entre deux cratères provoqués par ce type de bombes, ajoute HWR. L'organisation des droits de l'homme dit avoir recensé les tirs de cinq de ces engins, et affirme qu'ils provenaient d'un village tenu par l'armée ukrainienne.

Même constat du "New York Times"
Le ministère ukrainien de la Défense a rejeté ces accusations qui "sont dénuées de tout fondement". HRW précise que les rebelles semblent avoir fait usage, eux aussi, de ces armes, mais ces éléments ne sont pas suffisants pour en avoir une certitude totale. L'Ukraine, comme les Etats-Unis et la Russie, n'a pas signé en 2008 le traité d'interdiction des sous-munitions.

Dans une enquête publiée lundi, le "New York Times", qui se base sur ses propres constatations, évoque "des signes clairs que des bombes à sous-munitions ont été tirées depuis des territoires tenus par l'armée, où des roquettes d'artillerie mal tirées contenant des sous-munitions ont été trouvées par des villageois dans des champs".

HRW avait déjà critiqué Kiev en août pour des bombardements sur des zones habitées qui ont touché des hôpitaux.

(ats / 21.10.2014 14h47)