Le Hezbollah a un rôle politique au Liban, admet Tillerson avant une visite à Beyrouth

Amman - Le secrétaire d'Etat américain, Rex Tillerson, a admis mercredi que le puissant parti libanais pro-iranien Hezbollah, faisait partie du "processus politique" au Liban, à la veille d'une visite à Beyrouth dans le cadre d'une tournée au Moyen-Orient.

M. Tillerson, qui répondait aux questions des journalistes lors d'une visite en Jordanie, a affirmé le soutien de Washington à "un Liban libre, démocratique et échappant à l'influence des autres".

"Et nous savons que le Hezbollah libanais est influencé par l'Iran, une influence que nous considérons nuisible pour l'avenir du Liban à long-terme".

Cependant, a souligné le responsable américain, "nous devons aussi reconnaître la réalité, le fait qu'il (le Hezbollah) fait également partie du processus politique au Liban".

Considérée par les Etats-Unis comme un groupe "terroriste", la formation chiite armée est un poids lourd de la vie politique libanaise mais elle a également joué un rôle clé dans la région notamment dans le conflit en Syrie.

L'influence du Hezbollah était au coeur d'une crise politique au Liban qui a vu le Premier ministre, Saad Hariri, démissionner en novembre avant de revenir sur sa décision après avoir obtenu des partis libanais la réaffirmation d'une "distanciation" du Liban par rapport aux crises régionales, le bras de fer irano-saoudien notamment.

Influence nuisible

Le secrétaire d'Etat américain doit avoir des entretiens à Beyrouth "sur l'avenir du Liban", a-t-il expliqué, affirmant le soutien de Washington au "processus démocratique là-bas et au renforcement des forces armées libanaises, afin qu'il y ait une force de sécurité légitime sous le contrôle du gouvernement du Liban".

Peu après les déclarations de M. Tillerson sur le poids politique du Hezbollah au Liban, le sous-secrétaire d'Etat américain, Steve Goldstein, a durci le ton sur la formation pro-iranienne affirmant: "Nous croyons que les Libanais seraient dans une meilleure situation sans le terrorisme du Hezbollah et son influence nuisible".

Il a aussi promis que les Etats-Unis "poursuivraient leurs efforts pour soutenir la souveraineté et la stabilité du Liban".

Par ailleurs, le chef de la diplomatie américaine a appelé au retrait de Syrie de toutes les milices pro-iraniennes, après une rencontre en Jordanie avec une délégation de négociateurs de l'opposition syrienne.

Il a indiqué que son pays était "très préoccupé" par la récente confrontation entre Israël et l'Iran, après que l'Etat hébreu a bombardé le 10 février des cibles iraniennes en Syrie, perdant un F-16 touché par la défense anti-aérienne syrienne.

"Cela illustre de nouveau que la présence de l'Iran en Syrie déstabilise la région", a dit M. Tillerson lors d'une conférence de presse.

"Nous pensons que l'Iran doit retirer ses militaires et ses milices de la Syrie pour qu'un processus de paix puisse avoir lieu", a t-il ajouté.

Des milices pro-iraniennes, comme le Hezbollah libanais ont joué un rôle clé dans les victoires militaires remportées ces derniers mois par le régime syrien sur plusieurs fronts.


(©AFP / 14 février 2018 20h35)
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