Le Maire loue "les coupes budgétaires" qui rendent la France "plus forte"

Tallinn - Le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire a défendu vendredi "les coupes budgétaires" qui rendent "la France plus forte en Europe", avant une réunion des ministres de la zone euro à Tallinn.

"Nous sommes en train de prendre des décisions très importantes maintenant en France. Nous sommes en train de faire des coupes budgétaires, de faire des réformes sur le marché du travail qui sont probablement les plus importantes depuis de longues années en France", a dit M. Le Maire en anglais.

Et de détailler, toujours dans la langue de Shakespeare : "Nous sommes en train de présenter un nouveau cadre fiscal, avec une réduction de l'impôt sur les sociétés, avec une suppression de l'impôt sur la fortune et l'introduction d'une +flat tax+ (un prélèvement forfaitaire unique sur un certain nombre de revenus du capital, NDLR), ce qui est quelque chose de totalement nouveau en France."

"Donc le message est très simple : la France est de retour, la France va devenir plus forte. Et nous pensons que les décisions que nous prenons avec le président (Emmanuel Macron, NDLR) vont considérablement améliorer la situation économique en France pour tous les citoyens", a-t-il ajouté.

"Et cela va rendre la France plus forte en Europe (...) pour le bien de tous les pays européens", a-t-il poursuivi.

M. Le Maire fait partie des candidats potentiels pour succéder à l'actuel président de l'Eurogroupe (qui rassemble les 19 pays ayant adopté la monnaie unique), le ministre néerlandais des Finances, Jeroen Dijsselbloem.

Ces déclarations surviennent le jour même où le Premier ministre français, Edouard Philippe, rencontre à Berlin la chancelière Angela Merkel, à qui il devrait montrer la volonté de la France de mener des réformes, réclamées depuis des années par l'Allemagne.

Berlin est prêt à discuter des propositions françaises pour réformer la zone euro, mais compte sur Paris pour qu'il fasse d'abord son travail à domicile.

Juste après les législatives allemandes du 24 septembre, qui devraient voir Mme Merkel reconduite dans ses fonctions, M. Macron compte présenter son projet de "refondation" de l'Union européenne.

Questionné à Tallinn sur les propositions présentées mercredi par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, pour réformer la zone euro, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a manifesté une certaine réserve quant à un élargissement trop rapide de l'Union monétaire, insistant sur le respect des critères économiques par les pays concernés.

"M. Juncker a lui aussi dit clairement que l'on devait remplir les conditions économiques nécessaires pour être membre de l'Union monétaire. Tant qu'on ne les remplit pas, ce n'est pas dans l'intérêt du pays de devenir membre de l'Union monétaire (...), cela pourrait mettre en danger la stabilité de l'Union monétaire", a-t-il dit, citant notamment l'exemple de la Grèce, dont les difficultés ont provoqué une grande crise.


(©AFP / 15 septembre 2017 11h29)