Le Portugal s'engage à coopérer avec la Chine dans le cadre des "nouvelles routes de la soie"

Lisbonne - Le gouvernement portugais s'est engagé mercredi à coopérer avec la Chine dans le cadre des "nouvelles routes de la soie", sans pour autant adhérer à l'initiative lancée par Pékin pour développer ses échanges commerciaux à travers le monde.

La visite d'Etat au Portugal du président chinois Xi Jinping a débouché sur la signature de 17 accords de coopération bilatérale, dont un portant sur l'initiative des routes de la soie, ensemble de projets d'investissements en infrastructures censés relier l'Asie, l'Afrique et l'Europe.

"Nous allons poursuivre dans l'esprit d'ouverture et d'obtention de gains partagés, afin de créer davantage de synergies entre nos stratégies de développement et renforcer la construction des nouvelles routes de la soie", a déclaré à la presse Xi Jinping.

Le mémorandum d'entente signé mercredi "établit les modalités de coopération bilatérale dans le domaine de l'initiative chinoise (...), couvrant une vaste gamme de secteurs, concernant en particulier la connectivité et la mobilité électriques", a indiqué le gouvernement portugais dans un communiqué, sans plus de précision.

Le Premier ministre portugais Antonio Costa avait annoncé récemment son intention de signer un accord avec les autorités chinoises en vue de l'intégration du port de Sines (sud-ouest) aux "nouvelles routes de la soie".

Mercredi, il s'est limité à "souligner l'importance du rôle stratégique du Portugal dans l'articulation des routes de la soie avec l'ensemble des connexions entre l'Europe et l'Asie".

Le projet des nouvelles routes de la soie divise les Européens. Certains s'y sont associés, comme la Grèce et plusieurs pays d'Europe de l'est, tandis que d'autres craignent de voir le régime communiste étendre son influence politique vers l'ouest.

Le Portugal lui apporte ainsi un soutien mitigé, à l'instar de l'Espagne voisine, qui avait reçu la visite du président Xi la semaine dernière.

Refusant de signer un mémorandum d'entente sur ces "nouvelles routes de la soie", le gouvernement de Madrid avait dit préférer travailler dans le cadre de "l'initiative de connectivité avec l'Asie" lancée par l'UE mais s'est dans le même temps engagé à "identifier des synergies" entre les deux projets.

Frappé de plein fouet par la crise de la dette de la zone euro en 2011, le Portugal a depuis reçu d'importants investissements chinois, qui ont pris une place prépondérante dans des entreprises stratégiques des secteurs de l'énergie électrique, de la banque et des assurances.

Parmi les autres accords scellés mercredi, l'opérateur de télécommunications portugais MEO, filiale du groupe Altice, et le fabricant de téléphones portables chinois Huawei se sont engagés à coopérer afin d'"accélérer le développement du réseau 5G au Portugal".

tsc/lf/bh

ALTICE

(©AFP / 05 décembre 2018 14h54)
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