Le Turkménistan inaugure un gazoduc reliant ses principaux gisements de gaz

Belek (Turquie) - Le président turkmène Gourbangouly Berdymoukhamedov a inauguré mercredi un gazoduc stratégique reliant les principaux gisements du Turkménistan, visant notamment à renforcer les capacités d'exportation de ce pays d'Asie centrale riche en hydrocarbures.

La construction du gazoduc Est-Ouest, l'un des plus importants projets énergétiques, est achevée avec succès, a lancé M. Berdymoukhamedov, lors de la cérémonie d'inauguration à Belek, à 500 km de la capitale Achkhabad, saluant un événement historique.

Le gazoduc d'environ 800 kilomètres de long, qui relie les riches gisements de gaz dans l'est et le centre du pays avec la partie ouest du Turkménistan, a une capacité annuelle de 30 milliards de mètres cubes, selon le président turkmène.

Ce projet d'un montant total de plus de 2,5 milliards de dollars vise non seulement à accélérer le développement industriel des régions de l'ouest turkmène, mais aussi à augmenter les possibilités potentielles de coopération dans le domaine énergétique sur la scène internationale, a souligné M. Berdymoukhamedov.

Le gazoduc permettrait notamment d'augmenter les livraisons de gaz turkmène vers l'Iran et pourrait devenir un composant important d'un autre projet ambitieux, celui du gazoduc transcaspien qui livrerait du gaz turkmène et d'Azerbaïdjan à l'Europe, selon la même source.

Ce projet, qui suscite l'ire de Moscou, fait partie du projet plus large de Corridor énergétique du Sud, dont le projet phare est le gazoduc Nabucco, devant relier la Turquie à l'Autriche en passant par la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie.

Nous menons actuellement un dialogue actif et intéressé avec nos collègues européens afin d'étudier les possibilités de livraisons d'hydrocarbures turkmènes à l'Europe, a indiqué M. Berdymoukhamedov.

L'achèvement du gazoduc Est-Ouest apporte un contenu tout à fait nouveau à notre travail avec les partenaires européens, a-t-il souligné.

L'Europe cherche à se défaire de sa dépendance aux livraisons de gaz russe ou transitant par la Russie, alors que le Turkménistan, dont les sous-sols renferment de gigantesques réserves d'hydrocarbures, cherche à diversifier ses voies d'exportations, elles aussi très dépendantes de la Russie.

Le Turkménistan, frontalier de l'Iran, possède la quatrième réserve de gaz naturel au monde, mais manque d'infrastructures pour son transport.

(©AFP / 23 décembre 2015 13h57)