Le bilan devrait encore s'alourdir à Nice

Environ 50 personnes sont encore entre la vie et la mort après l'attentat de Nice, a annoncé vendredi François Hollande sur place. Deux Suisses font partie des victimes, dont un enfant. Une perquisition a eu lieu au domicile supposé du chauffeur du camion.

Deux Suisses sont morts lors de l'attaque. Il s'agit d'une femme et d'un enfant. Il n'est pas exclu que la liste s'allonge. Des éclaircissements sont encore en cours, a indiqué la Chancellerie fédérale. Le Département fédéral des affaires étrangères avait déjà confirmé vendredi matin la présence d'une Suissesse parmi les victimes, une résidente de 54 ans de la commune tessinoise d'Agno.

"Au moment où je m'exprime, 84 personnes sont mortes et il y a une cinquantaine de personnes qui sont encore en urgence absolue", a indiqué en début d'après-midi le président français François Hollande lors d'une déclaration à la préfecture des Alpes-Maritimes.

"Parmi ces victimes, il y a des Français, il y a aussi beaucoup d'étrangers venus de tous les continents et il y a beaucoup d'enfants, de jeunes enfants qui étaient venus assister à un feu d'artifice en famille", a-t-il poursuivi.

Pas de religiosité apparente
Le chauffeur du camion qui a foncé sur la foule jeudi soir au centre de Nice est né en Tunisie. Il n'avait pas l'apparence d'une personne religieuse et était souvent en short, selon un habitant du petit immeuble de quatre étages à Nice, cible d'une perquisition vendredi.

La voisine du chauffeur a indiqué à l'AFP lui avoir parlé une seule fois, lorsque l'individu avait coupé le mauvais compteur électrique. A l'étage supérieur, une famille nombreuse a souligné que le jeune homme ne retournait jamais leurs salutations. Au rez-de-chaussée, une autre locataire a indiqué qu'elle s'en méfiait car il s'agissait d'un "bel homme qui fixait trop ses deux filles" avec insistance.

L'homme n'était pas connu des services de renseignement pour radicalisation. Il était en revanche connu de la police pour des faits de droit commun, principalement des violences.

Camion suspect
La perquisition a débuté vendredi vers 09h30 en présence de membres de la police d'élite lourdement armés. En fin de matinée, des membres de la police technique et scientifique étaient toujours présents dans l'appartement supposé du jeune homme. Le petit immeuble est situé dans un quartier populaire de l'est de Nice.

En milieu de journée, les forces de l'ordre ont barré la rue. Elles semblaient fouiller notamment avec un chien, à une centaine de mètres de l'immeuble, un petit camion aux deux portes arrière grandes ouvertes. Une petite explosion a pu être entendue pendant ces opérations, ont constaté des journalistes de l'AFP sur place.

Etat d'urgence et deuil national
M. Hollande a aussi annoncé une prolongation pour trois mois supplémentaires de l'état d'urgence, qui devait prendre fin dans 15 jours. "Rien ne nous fera céder dans notre volonté de lutter contre le terrorisme et nous allons encore renforcer nos actions en Syrie comme en Irak", a assuré le président français.

L'Elysée a également annoncé le recours à plusieurs milliers de citoyens réservistes pour seconder les policiers et les gendarmes, épuisés par des mois de surveillance intensive depuis 2015.

Enfin, un deuil national a été décrété de samedi à lundi en France. Les drapeaux ont été mis en berne sur les édifices publics dès vendredi. Idem à Berne.

(ats / 15.07.2016 16h06)