Le chef du Conseil d'Alep demande des observateurs suisses en Syrie

Des observateurs suisses doivent être envoyés à Alep pour contrôler le traitement de ceux qui fuient la partie orientale de la ville syrienne. Le chef du Conseil local Brita Haji Hassan a lancé jeudi cet appel à Genève.

"Nous n'avons plus confiance dans certains pays" impliqués dans la crise, a-t-il affirmé devant la presse. Le Conseil local administre la partie de la ville contrôlée par les rebelles. Son chef doit discuter lundi avec l'émissaire de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura mais aucune réunion n'est pour le moment prévue avec les autorités fédérales.

"La Suisse se doit de rencontrer" M. Hassan, a lancé de son côté le vice-président du Conseil administratif de Genève Rémy Pagani. Il a appelé au respect des Conventions de Genève face aux "crimes contre l'humanité" perpétrés en Syrie.

"Alep est en train d'être exterminée", dit M. Hassan qui n'a pu entrer dans la ville depuis juillet dernier lorsqu'il a été blessé. S'il peut y revenir, il ira "immédiatement". Il demande l'arrêt des bombardements et un couloir sécurisé pour les évacuations médicales et le déplacement de civils.

Gouvernement ciblé
Selon l'ONU, plusieurs centaines de personnes ont besoin d'une évacuation. Mais selon le président de la section suisse de l'Union des organisations de secours et soins médicaux (UOSSM) Tawfik Chamaa, une liste de 1500 personnes est par ailleurs prête.

Au total, il affirme que 50'000 civils ont pris les armes à Alep-Est pour protéger la ville. Les combattants de l'ancien Front al-Nosra "sont peu nombreux" et n'ont pas d'influence. Ils ne peuvent expliquer la volonté du gouvernement de tuer "150'000 personnes".

Il accuse aussi le régime d'avoir bombardé l'hôpital russe touché récemment dans l'ouest d'Alep. Il dément que des groupes armés empêchent les civils de fuir la partie orientale. En revanche, tous ceux qui fuient à Alep-Est et ont mené des activités politiques ou collaboré avec des organisations internationales sont arrêtés, affirme-t-il.

Selon lui, 150'000 personnes sont regroupées dans un quart de l'ancienne Alep-Est. "Il n'y a plus rien" en termes d'infrastructures, dit-il. Depuis près d'un mois, le gouvernement veut tout détruire.

Centaines de milliers de victimes
Il reste 28 médecins pour 250'000 personnes, a rappelé M. Chamaa. Comme lui, le fondateur du Festival du film international sur les droits humains (FIFDH) Leo Kaneman demande aux populations de se mobiliser. Il souhaite aussi que le Conseil fédéral soit actif. Il a lancé un appel signé par 1500 personnes pour le moment.

M. Hassan estime à 800 le nombre de victimes depuis un mois à Alep-Est. Il évoque aussi 500'000 victimes depuis le début du conflit. Soit 200'000 de plus que les évaluations données par l'ONU.

Le Conseil local d'Alep avait été établi en mars 2013 pour organiser l'aide et l'administration dans la partie de la ville contrôlée par les rebelles. "Tant qu'il y aura un civil", il "continuera sa mission", selon son président.

(ats / 08.12.2016 16h47)
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