Le ciel s'éclaircit mais Schneider reste prudent, concentré sur sa rentabilité

Paris - Schneider Electric s'attend à une reprise cette année sur ses principaux marchés mais reste prudent, concentré sur sa rentabilité, notamment dans sa branche Infrastructure, toujours maillon faible.

A 10H00 (09h00 GMT), l'action du géant des équipements et services énergétiques cédait plus de 4% à la Bourse de Paris un peu au dessous des 66 euros.

Le groupe a publié jeudi des résultats annuels conformes à ses objectifs mais s'est montré prudent dans ses prévisions pour 2017, attitude sanctionnée par la Bourse

Depuis le second semestre 2016, "il y a un certain nombre de vents contraires qui ont l'air de baisser" et on veut "tirer partie de ses vents plus favorables", a avancé le directeur financier du groupe Emmanuel Babeau, lors d'un entretien téléphonique sur les résultats de l'année écoulée.

La stabilisation des prix du pétrole et la hausse de ceux des matières premières pourraient relancer les investissements et les projets des géants de ces secteurs, même si cela "va mettre un peu de temps à se matérialiser", sans doute plutôt sur la deuxième partie de l'année, prévoit-il.

A cela s'ajoute "une dynamique plus positive" sur les trois grands marchés de Schneider, indique le groupe dans un communiqué, à savoir l'Amérique du Nord, la Chine et l'Europe de l'ouest.

En conséquence, Schneider Electric vise pour cette année une progression organique (hors variation de périmètre et de changes) de son chiffre d'affaires de 1 à 3% hors branche Infrastructure (réseaux électriques, etc.), contre un recul "de l'ordre de 0,5%" l'an dernier, selon M. Babeau.

"On est donc sur une accélération vraiment importante", a plaidé le directeur financier.

Mais cette prévision n'inclut pas la branche Infrastructure, la moins performante, dans laquelle le groupe a choisi de privilégier l'amélioration de ses marges en renonçant aux projets moins rentables. Et cette stratégie va se poursuivre cette année.

"La croissance devrait être modeste des deux côtés de l'Atlantique et le groupe s'attend également à une hausse du prix de ses matières premières", ont noté les stratégistes du courtier Aurel BGC dans une note.

- Activité en recul -

Tous segments confondus le chiffre d'affaires s'est replié de 7,3% l'an dernier à 24,69 milliards d'euros, conforme aux attentes des analystes. En organique, il est en repli de 0,9% et il est en "légère hausse" retraité de la sélectivité des projets.

En revanche, Schneider a poursuivi l'amélioration de son efficacité opérationnelle avec un taux de marge (marge d'ebita ajusté) en hausse de 0,9 point de pourcentage avant impact des changes, à 14,1%, soit la barre haute de la fourchette attendue.

Le bénéfice net s'inscrit lui en hausse de 24% à 1,75 milliard d'euros, un peu inférieur aux attentes des analystes. La hausse s'explique surtout par des dépréciations qui avaient pénalisé le bénéfice de 2015.

"Sur tous les axes de progrès qu'on s'était donnés on a avancé", s'est félicité M. Babeau, notamment sur les réductions de coûts et l'amélioration de la productivité qui ont généré des gains de 620 millions d'euros, conformément aux objectifs du programme stratégique lancé en 2015.

Le groupe a également enregistré un flux de trésorerie libre "record" de 2,2 milliards d'euros, en hausse de 8% sur un an.

- Hausse de prix -

Cette année, le groupe veut encore se concentrer sur ses marges attendues en hausse de 0,2 à 0,5 point de pourcentage.

Cela passera par la poursuite des efforts sur les coûts, une hausse des prix pour refléter l'inflation des matières premières, même si l'impact devrait être globalement négatif, prévient le groupe, ou encore la poursuite de cessions d'activités.

"On ne s'interdit pas de (...) sortir certaines activités qui seraient jugées comme moins stratégiques et moins pertinentes pour nous", a estimé le directeur financier.

La cession de sa filiale américaine DTN, spécialisée dans la fourniture de données pour l'agriculture, confirmée fin 2016 devrait intervenir durant le premier semestre 2017, a-t-il précisé.

Schneider a prévu de proposer à la prochaine assemblée générale une augmentation de son dividende de 2% à 2,04 euros par action.

mhc/ef/nas

SCHNEIDER ELECTRIC


(©AFP / 16 février 2017 10h26)

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