Le groupe de Visegrad : "pas de réforme de l'UE sans nous"

Bratislava - Une réforme de l'Union européenne est "impensable" sans la participation des pays d'Europe centrale, a déclaré vendredi à Bratislava un haut responsable polonais à l'issue d'une rencontre des chefs de gouvernement de la région avec le président du Conseil européen Donald Tusk.

Les Premiers ministres du Groupe de Visegrad (V4), le Hongrois Viktor Orban, la Polonaise Beata Szydlo, le Slovaque Robert Fico et le Tchèque Bohuslav Sobotka, ont appelé M. Tusk à "garantir la participation libre, égale et non entravée" de tous les membres de l'UE au débat sur l'avenir de l'Union européenne, a dit le vice-ministre polonais des Affaires étrangères chargé des Affaires européennes Konrad Szymanski.

Pour eux, Donald Tusk "ne doit pas se laisser enlever l'initiative" en la matière au profit d'autres institutions européennes ou de quelques capitales, a précisé M. Szymanski.

"Une réforme de l'Union sans Varsovie, sans Bratislava, sans Prague, sans Budapest, est impensable", a-t-il insisté, avant de mettre en garde, dans une allusion à la zone euro, contre "des capitales - ou une capitale unique - qui voudraient limiter la préparation de la réforme à des groupes plus restreints, formés selon tel ou tel critère".

Idée appuyée par Robert Fico, le chef du gouvernement de Slovaquie, un pays membre de la zone euro.

"Il n'est pas possible de faire la différence : entre les Etats membres qui ont l'euro et qui débattent entre eux, sans la participation des pays qui n'ont pas l'euro", a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse commune des Premiers ministres de V4.

M. Fico a aussi souligné que les quatre pays d'Europe centrale voulaient maintenir "l'équilibre entre les institutions européennes et la position des parlements nationaux".

Faisant écho à un débat dans l'UE sur le fonctionnement de l'espace Schengen, M. Sobotka a prôné le "retour à une zone Schengen fonctionnant proprement".

"Il n'y a aucune raison de fermer les frontières intérieures et de dresser des barrières à la libre circulation de nos citoyens au sein de l'UE", a martelé le chef du gouvernement tchèque, alors que plusieurs pays européens, la France et l'Allemagne en tête, plaident pour une modification des règles actuelles de l'espace Schengen, qu'ils jugent obsolètes face à la permanence de la menace terroriste.

Sans demander la fin de la libre-circulation, ils souhaitent pouvoir réintroduire plus facilement des contrôles à leurs frontières et pour des durées plus longues que ne l'autorisent les règles actuelles.

La rencontre du Groupe de Visegrad avec M. Tusk a eu lieu en marge du sommet régional sur la consommation dans la capitale slovaque, axé notamment sur la critique de multinationales commercialisant des produits de même aspect mais de qualité différente en fonction des pays.


(©AFP / 13 octobre 2017 18h35)
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