Le pétrole baisse, lesté par la dévaluation du yuan

Londres - Les cours du pétrole reculaient mardi en fin d'échanges européens, la dévaluation de la monnaie chinoise face au dollar renforçant les inquiétudes quant à la demande de pétrole de la deuxième économie mondiale, dans un contexte de surabondance d'offre.

Vers 16H00 GMT (18H00 à Paris), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre valait 48,86 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 1,55 dollar par rapport à la clôture de lundi.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de light sweet crude (WTI) pour la même échéance perdait 1,83 dollar à 43,11 dollars.

Après avoir grimpé de respectivement 4% et 2% lundi à la faveur d'achats à bon compte et d'un accès de faiblesse du dollar, les cours du Brent et du WTI sont repartis à la baisse ce mardi après la décision de la banque centrale de Chine (PBOC) de dévaluer sa monnaie face au dollar.

La PBOC a en effet abaissé de presque 2% le taux de référence du yuan face au dollar tout en affirmant vouloir accorder un rôle accru au marché pour déterminer la valeur de la monnaie chinoise.

Une décision qui, selon Daniel Sugarman, analyste chez ETX Capital, pourrait être vue comme négative à court terme pour les marchés des matières premières libellées en dollar.

Un yuan plus bas rend ces matières premières plus onéreuses pour les acheteurs chinois. Une monnaie chinoise plus faible peut soutenir les exportations du pays, mais cela affaiblit également sa capacité à importer les matières premières comme le pétrole, expliquait l'analyste.

Cette dévaluation de la monnaie chinoise apparaît destinée à enrayer le repli des exportations du pays, après la publication de statistiques économiques décevantes samedi dernier.

Les matières fortement dépendantes de la Chine, le pétrole et les métaux industriels principalement, souffrent car des importations plus onéreuses pourraient réduire encore plus la demande de ce pays, ajoutait Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank.

Et dans un contexte où les fondamentaux de marché restent inchangés, l'offre demeurant abondante malgré une chute des prix de plus de moitié depuis juin 2014, les investisseurs démontrent peu d'appétit pour les actifs jugés à risque, comme le pétrole.

Ainsi, les quelques facteurs potentiellement haussiers du rapport mensuel de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) paru mardi, comme la légère baisse de la production de l'Arabie saoudite d'environ 200.000 barils par jour en juillet par rapport à juin pour atteindre 10,36 millions de barils par jour (mbj), sont globalement passés inaperçu.

La baisse de la production saoudienne reste purement symbolique car le surplus d'offre demeure au premier plan, estimait Chris Beauchamp, analyste chez IG.

Selon des sources secondaires, la production de l'Opep s'est établi à 31,51 mbj en juillet, contre 31,41 mbj un mois plus tôt, emmenée par l'offre saoudienne, irakienne, angolaise et iranienne, a mentionné le rapport du cartel.

(©AFP / 11 août 2015 18h20)