Le pétrole de schiste est un non-sens au vu des cours actuels du brut, selon le patron de Gazprom

Ryad - Continuer à produire du pétrole de schiste, comme le font les Américains, est un non-sens au vu des cours actuel du brut, qui ont chuté d'environ 50% depuis juin, a estimé mercredi à Ryad le patron du géant russe de l'énergie Gazprom.

Les prix bas à 45, 50 ou même 60 dollars le baril, ce n'est pas profitable pour les producteurs de schiste. C'est un non-sens, a déclaré Viktor Zubkov devant le Forum international sur l'énergie (FIE), basé dans la capitale saoudienne.

Selon l'ancien Premier ministre russe, de nombreux producteurs de pétrole de schiste connaissent des difficultés à cause de l'effondrement des cours.

Les cours actuel du pétrole, ainsi que les prix du gaz, qui leur sont liés, ont un impact négatif significatif sur l'économie du schiste et les projets d'exporter du gaz naturel liquéfié depuis les Etats-Unis, a aussi assuré M. Zubkov.

Le pétrole de schiste coûte en effet plus cher à produire en raison notamment des technologies nécessaires à son extraction.

En janvier, le géant minier anglo-australien BHP Billiton a ainsi annoncé qu'il allait arrêter d'exploiter 40% de ses plateformes de pétrole de schiste aux Etats-Unis pour tenter de faire face à la chute des cours de l'or noir.

Gazprom non plus n'est pas épargné par la chute des prix puisque les profits du géant russe ont baissé de 61% au troisième trimestre, à 1,5 milliards de dollars. La suspension de livraison d'énergie à l'Ukraine, due au contexte politique, a également amputé ses profits.

Mardi, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a jugé que les cours du brut se redresseront dans les cinq prochaines années mais sans remonter au niveau des 100 dollars le baril. Selon l'AIE, les producteurs de schiste pourraient sortir renforcés de la crise actuelle et les Etats-Unis pourraient même endosser le rôle de 'swing producer', celui qui garantit la stabilité des prix en ajustant la production.

Le baril de Brent de la Mer du nord pour livraison en mars perdait 59 cents à la mi-journée mercredi à Londres, à 55,84 dollars le baril, alors que le baril de light sweet crude (WTI) pour la même échéance avait ouvert en baisse de 50 cents à New York, à 49,52 dollars.

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(©AFP / 11 février 2015 16h07)