Le pétrole finit en baisse à New York, malgré un bon indicateur en Chine

New York - Les cours du pétrole ont terminé en légère baisse lundi à New York, dans un marché digérant des indicateurs contrastés des deux côtés de l'Atlantique malgré une bonne statistique manufacturière en Chine.

Le baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en juillet a perdu 24 cents, à 102,47 dollars, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour même échéance a fini à 108,83 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE), à son plus bas niveau en clôture depuis la mi-mai et en baisse de 58 cents par rapport à la clôture de vendredi.

Les cours du brut ont initialement profité, dans les échanges électroniques, de l'annonce d'un renforcement de la production manufacturière en Chine, à un plus haut depuis cinq mois.

L'économie chinoise est particulièrement scrutée par les opérateurs du marché pétrolier, la Chine étant le deuxième consommateur mondial de brut et un des principaux facteurs de croissance de la demande mondiale d'or noir.

Mais cette information positive a été contrebalancée par la diffusion de statistiques moins brillantes en zone euro.

La reprise dans le secteur manufacturier a marqué le pas en mai dans la zone euro, atteignant un plus bas depuis six mois avec une France en difficulté, selon une seconde estimation de l'indice PMI du cabinet Markit.

Cette nouvelle, de mauvais augure pour la consommation énergétique, va de plus sûrement inciter la BCE (Banque centrale européenne) à assouplir sa politique monétaire lors d'une réunion jeudi et cela va peser sur l'euro, donc renforcer le dollar, a remarqué Bill Baruch de iiTrader.com.

Or, un renchérissement du billet vert a tendance à faire baisser les prix du brut, le baril, libellé en dollar, devenant moins attractif pour les investisseurs munis d'autres devises.

En outre, l'inflation de la première économie de la zone euro a affiché son plus bas niveau en quatre ans le mois dernier, une nouvelle peu encourageante pour la reprise de l'activité économique dans la région.

Aux Etats-Unis, un indicateur manufacturier ISM pour le mois de mai a montré une accélération de l'activité en mai par rapport à avril, de 0,5 point, à 55,4%, mais ce chiffre est arrivé légèrement en deçà des attentes des investisseurs qui pariaient sur une hausse plus prononcée.

Les investisseurs ont par ailleurs continué à scruter l'évolution de la situation en Ukraine, où de violents combats se poursuivent entre l'armée et les séparatistes.

Mais la Russie a repoussé lundi d'une semaine son ultimatum sur le gaz et la menace d'une coupure d'approvisionnement s'éloigne, faisant légèrement reculer la prime de risque géopolitique sur les prix. Cette menace inquiète l'Europe puisque environ 30% des importations de gaz et de pétrole européennes proviennent de la Russie, et la moitié des importations en provenance de Russie transitent par l'Ukraine.

La hausse des cours, à New York comme à Londres, est également restée limitée par l'abondance de l'offre sur le marché, malgré les problèmes de production en Libye, ont ajouté les experts de Commerzbank.

La production pétrolière de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) est actuellement estimée très proche des 30 millions de barils par jour (son plafond de production), un niveau clef qui pourrait peser sur les prix, a relevé John Kilduff, de Again Capital.

Le cartel, qui pompe environ un tiers du brut mondial, doit se réunir la semaine prochaine à Vienne pour sa 165e réunion ministérielle.

(©AFP / 02 juin 2014 21h37)