Le pétrole finit en baisse, les stocks américains reprennent le dessus

Trader sur le parquet du New York Stock Exchange, le 15 juin 2017 à New York / © AFP/Archives / Bryan R. Smith
Les cours du pétrole ont terminé au plus bas depuis novembre lundi, souffrant toujours de l'abondance d'offre aux États-Unis où les stocks restent à un niveau élevé.

Le prix du baril de "light sweet crude" (WTI), référence américaine du brut, a perdu 54 cents à 44,20 dollars sur le contrat pour livraison en juillet au New York Mercantile Exchange (Nymex).

A Londres, le cours du baril de Brent de la mer du Nord a reculé de 46 cents, à 46,91 dollars, sur le contrat pour livraison en août à l'Intercontinental Exchange (ICE), également au plus bas depuis novembre.

"Les investisseurs sont tout simplement nerveux sur la tendance des stocks et ils veulent une réduction solide avant de penser que les prix ont touché le fond" et peuvent rebondir, a estimé Mike Lynch de Strategic Energy & Economic Research.

Les réserves américaines de brut ont augmenté plus fortement que prévu selon les chiffres publiés par le département de l’Énergie (DoE) la semaine dernière et les stocks d'essence ont monté de manière inattendue.

La publication de ces chiffres a encore aggravé la chute des cours, qui avaient déjà encaissé trois semaines de baisse.

Depuis le début de l'année, le cours du brut a perdu 17,7% de sa valeur à New York.

les investisseurs doutent des chances de l'Organisation des pays exportateurs (Opep) de parvenir à leur objectif de ramener les stocks mondiaux à leur moyenne des cinq dernières années grâce à des quotas de production.

"Au troisième trimestre nous allons voir des baisses des stocks plus importantes que jusqu'à présent grâce à la demande estivale. Mais je ne pense pas que ce sera suffisant pour parvenir à l'objectif de l'Opep", a estimé James Williams de WTRG.

- Chiffres de l'Opep révisés -

La production américaine, dopée par les extractions de pétrole de schiste, a nettement rebondi depuis l'automne 2016, mettant à mal les efforts de l'Opep pour faire remonter les cours.

Dernier signe en date du dynamisme des compagnies pétrolières aux États-Unis, le nombre de puits de forages en activité a de nouveau augmenté selon le décompte hebdomadaire, publié vendredi par le groupe privé Baker Hughes.

A l'international, ce sont toujours les productions nigériane et libyenne qui concentrent les inquiétudes, ces deux membres de l'Opep ayant été exemptés de quotas de production et cherchant à faire repartir leurs extractions.

"Mustafa Sanalla, le président de la compagnie nationale libyenne (NOC), s'attend à ce que ce ne soit qu'une question de jours avant que la production en Libye atteigne 900.000 barils par jour", ont rapporté les experts de Commerzbank dans une note.

Ces craintes ont anéanti le petit rebond que le brut avait esquissé en début de séance, alors soutenu par une révision des chiffres de production de l'Opep.

"On a eu un ajustement à la baisse des chiffres de la production de l'Opep pour mai", a mis en avant Robert Yawger de Mizuho Securities USA.

"D'une façon ou d'une autre, ils sont allés chercher des analystes supplémentaires pour qu'ils leur fournissent des chiffres de l'offre", a-t-il expliqué.

L'Opep, engagée dans un mouvement de limitation de sa production jusqu'en mars 2018, publie chaque mois des chiffres de la production basés sur des sources secondaires, jugés plus fiables que ceux que les membres du cartel déclarent.



(©AFP / 19 juin 2017 21h46)
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