Le pétrolier russe Rosneft a versé une avance de 1,3 md USD au Kurdistan irakien

Moscou - Le géant semi-public russe des hydrocarbures Rosneft a indiqué mardi avoir versé une avance de 1,3 milliard de dollars aux autorités du Kurdistan irakien dans le cadre d'un accord signé récemment qui avait été vivement critiqué par Bagdad.

"Au troisième trimestre 2017 le groupe a payé des avances pour un total de 1,3 milliard de dollars (1,1 milliard d'euros au taux actuel, ndlr) dans le cadre d'un contrat d'achat de pétrole brut avec le gouvernement du Kurdistan", a annoncé le groupe dans ses résultats financiers.

Visé par des sanctions occidentales et dirigé par un proche de Vladimir Poutine, Igor Setchine, Rosneft joue un rôle croissant dans les ambitions stratégiques de la Russie en signant des accords majeurs avec la Chine, l'Inde ou le Venezuela.

Le groupe a ainsi versé plusieurs milliards de dollars en avances à la compagnie pétrolière vénézuélienne, ce qui est souvent considéré comme une manière déguisée pour Moscou de soutenir Caracas face à ses difficultés financières.

Rosneft a annoncé en octobre la signature un accord avec les autorités du Kurdistan irakien pour exploiter ses vastes ressources en hydrocarbures, disputées avec le pouvoir central de Bagdad. La société n'avait pas précisé la localisation de ces projets, qui représentent selon elle des réserves estimées à 670 millions de barils de pétrole.

L'exploration est prévue pour commencer en 2018 et la production en 2021, a précisé Rosneft, qui a récemment annoncé négocier avec les autorités du Kurdistan pour y construire un réseau de gazoducs.

Le gouvernement irakien a vivement critiqué cet accord, sans le nommer, le qualifiant d'"ingérence flagrante dans les affaires intérieures irakiennes".

Le ministère irakien du Pétrole avait déclaré que "ce département et le gouvernement fédéral irakien sont les deux seules parties avec lesquelles il faut traiter pour conclure des accords concernant le développement et les investissements dans le secteur de l'énergie".

"S'il y a des problèmes entre le gouvernement irakien et le Kurdistan, c'est à eux de les résoudre", avait réagi le directeur général de Rosneft Igor Setchine.

Les autorités irakiennes et la région autonome du Kurdistan sont en crise ouverte depuis le référendum du 25 septembre sur l'indépendance kurde.

apo/gmo/spi

ROSNEFT


(©AFP / 14 novembre 2017 09h09)
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