Le président chinois critique la politique d'alliance des USA en Asie

Shanghai - Le président chinois Xi Jinping a, sans les nommer, égratigné mercredi les Etats-Unis dans un discours où il a condamné les alliances militaires en Asie, théâtre de tensions territoriales et région pivot de la géopolitique américaine.

Renforcer une alliance militaire visant une partie tierce ne participe pas au maintien de la sécurité commune, a déclaré M. Xi lors d'un sommet sur la sécurité régionale à Shanghai, auquel participe aussi le président russe Vladimir Poutine.

Le chef de l'Etat chinois n'a pas fait de référence explicite aux Etats-Unis, mais personne ne doutait qu'il visait bien la politique de Washington.

Lors d'une tournée en Asie le mois dernier, le président américain Barack Obama a en effet tenté de rassurer des pays alliés des Etats-Unis sur la volonté de rééquilibrage diplomatique et militaire de Washington vers l'Asie, où la Chine inquiète par ses ambitions navales et territoriales.

Pékin a notamment été irrité par une déclaration publique à Tokyo de M. Obama, qui a répété que des îles dont le Japon et la Chine se disputent la souveraineté étaient couvertes par un traité de défense américano-nippon.

L'agence officielle Chine nouvelle a de son côté, dans un éditorial, appelé les pays extérieurs à l'Asie à jouer un rôle constructif, sans allumer de foyers ou attiser les flammes.

Pékin est actuellement confronté à une vive tension avec le Vietnam en mer de Chine méridionale, après avoir installé récemment une plate-forme pétrolière à proximité d'îles disputées avec Hanoï.

L'initiative, qualifiée de provocation par Washington, a été à l'origine des plus graves émeutes antichinoises au Vietnam depuis des décennies.

La Chine craint un phénomène d'encerclement par des puissances rivales --Corée du Sud, Japon, Taïwan, ainsi que les bases américaines-- qui viendrait contrecarrer ses ambitions océaniques.

Mais la deuxième puissance mondiale, dans les conflits de souveraineté qui l'opposent à ses voisins, ne craint plus de remettre en cause les statu quo qui prévalaient, notamment en mer de Chine méridionale.

(©AFP / 21 mai 2014 11h14)