Le président du Yémen menace de boycotter les pouparlers de paix à Koweït

Aden - Le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi a menacé dimanche de boycotter les pourparlers de paix avec les rebelles chiites Houthis, qui doivent reprendre vendredi à Koweït sous l'égide de l'ONU.

Nous ne reprendrons pas les pourparlers à Koweït si l'ONU tente de nous imposer la dernière proposition du médiateur Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, a annoncé M. Hadi lors d'une visite d'inspection de ses troupes dans la province de Marib, à l'est de la capitale Sanaa, aux mains des rebelles depuis près de deux ans.

Ces pourparlers entre gouvernement et rebelles à Koweït avaient été suspendus fin juin après deux mois de discussions infructueuses.

Le médiateur de l'ONU a annoncé avoir soumis aux négociateurs une feuille de route prévoyant des arrangements de sécurité, prévus par la résolution 2216 du Conseil de sécurité et la formation d'un gouvernement d'union nationale. Selon lui, les négociateurs ont accueilli positivement sa proposition mais sans s'entendre sur un calendrier ou les étapes de sa mise en oeuvre.

Le gouvernement de M. Hadi a ensuite émis des réserves sur cette proposition. Il exige un retrait des rebelles des villes, dont Sanaa, la restitution des armes saisies et le rétablissement de son autorité, avant de s'engager dans une transition politique avec les rebelles qui, eux, réclament un gouvernement d'union nationale.

Ces derniers, accusés de liens avec l'Iran, veulent légitimer leur complot à travers les pourparlers à Koweït en s'assurant un partenariat dans un gouvernement d'union, a dénoncé M. Hadi durant sa visite à Marib, la première depuis le coup de force des rebelles contre son autorité.

Les Yéménites n'accepteront jamais que le Yémen devienne un Etat persan, qui soit dans l'orbite de l'Iran, a encore dit M. Hadi, cité par l'agence officielle Saba.

Nous allons célébrer prochainement la libération de Sanaa et des autres provinces contrôlées depuis 2014 par les rebelles, a-t-il ajouté lors d'une rencontre avec des officiers à Marib, chef-lieu de la province éponyme.

La visite de M. Hadi, qui vit en exil en Arabie saoduite, est intervenue alors que les combats continuent de faire rage à Sarwah, une région du nord de la province de Marib, où ses partisans peinent à franchir les lignes de défense des rebelles pour pouvoir progresser vers Sanaa.

Signe de ces difficultés, la ville de Marib, située à 30 km de Sarwah, est visée par intermittence par des tirs de missiles balistiques, dont le dernier a été intercepté samedi soir, selon une source militaire, par la DCA de la coalition arabe intervenue en mars 2015 sous commandement saoudien en soutien aux pro-Hadi.

Des sources militaires ont cependant fait état de renforts en hommes et en matériels, dont des chars et des blindés, acheminés ces derniers jours dans la province de Marib en prévision du lancement d'une vaste offensive pour la reconquête de Sanaa et ses alentours.

Plus au nord, à Nahm, une localité de la province de Sanaa, six rebelles ont été tués dans des raids de l'aviation de la coalition et des combats avec les forces loyalistes, qui ont perdu trois de leurs hommes durant les dernières 24 heures, selon les sources militaires qui ont fait état d'affrontements meurtriers dans la province de Jawf, frontalière de l'Arabie saoudite.

(©AFP / 10 juillet 2016 15h00)
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