Le président serbe ouvert à un "compromis" sur le Kosovo

Belgrade - Le président serbe Aleksandar Vucic a affirmé mercredi que Belgrade était disposée à "un compromis" sur le Kosovo, son ancienne province albanaise dont elle ne reconnaît pas l'indépendance.

Bruxelles a récemment rappelé que la résolution de ce conflit était cruciale si la Serbie voulait rejoindre l'Union européenne.

"L'obstacle le plus élevé sur notre chemin européen, est évidemment la situation du Kosovo. C'est pourquoi, la Serbie (...) est prête à discuter de possibles compromis", a déclaré le président Vucic.

"Nous ne pourrons accepter qu'un compromis (...), mais pas une humiliation de notre peuple", a toutefois ajouté Aleksandar Vucic lors d'une conférence de presse commune avec le secrétaire d'État adjoint américain par intérim pour les Affaires européennes, Wess Mitchell.

Les deux hommes ont exprimé leur désaccord sur la formation d'une force armée kosovare. L'Américain a estimé que c'était le "droit légitime" du Kosovo de disposer d'une telle force qui inclurait des membres de la minorité serbe. Aleksandar Vucic a répondu que "la Serbie était contre".

C'est une force internationale dirigée par l'OTAN qui assure actuellement la sécurité du Kosovo. Le président kosovar Hashim Thaçi a à plusieurs reprises dit son intention de former une armée.

Quelque 120.000 Serbes vivent au Kosovo, même s'il ne s'agit que d'estimations puisqu'ils refusent de participer au recensement. Plus de dix ans après la proclamation d'indépendance kosovare, leur allégeance va toujours à Belgrade.

Ultime conflit ayant déchiré l'ex-Yougoslavie durant l'ère Milosevic, la guerre du Kosovo entre forces de Belgrade et indépendantistes kosovars albanais (1998-1999) a fait plus de 13.000 morts, en grande majorité albanais. Elle s'était achevée quand la Serbie, soumise à une campagne de bombardements de l'Otan, avait retiré ses troupes. Ces frappes restent vécues comme une profonde humiliation par les Serbes.

Belgrade et Pristina se sont engagées en 2011 dans un processus de normalisation sous l'égide de l'Union européenne. Il est au point mort depuis environ deux ans. Les deux parties viennent toutefois de reprendre les discussions au niveau technique.

Aleksandar Vucic a assuré vouloir convaincre ses compatriotes d'engager un "débat interne" sur la question. Mais le sujet reste politiquement sensible: de nombreux Serbes considèrent le Kosovo comme leur berceau historique et religieux, leur "Jérusalem", comme l'a récemment répété le ministre des Affaires étrangères Ivica Dacic. La tutelle de Belgrade sur le Kosovo reste inscrite dans la Constitution serbe.

Quelque 115 pays, dont la plupart des pays de l'Union européenne, reconnaissent désormais l'indépendance du Kosovo. Avec l'aide de Moscou, la Serbie mène une bataille diplomatique pour empêcher l'entrée de son ancienne province dans les institutions internationales, en particulier l'ONU.


(©AFP / 14 mars 2018 14h52)
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