Le règlement européen sur les données stimule la croissance du numérique (Syntec Numérique)

Paris - L'industrie du numérique (édition de logiciels, conseil en technologies) a connu une croissance soutenue de 4,1% en 2018, stimulée notamment par l'entrée en vigueur du règlement européen sur la protection des données (RGPD), selon les estimations du syndicat professionnel Syntec Numérique.

Les entreprises qui doivent se mettre en conformité avec les exigences du texte en matière de protection des données personnelles font appel aux sociétés de conseil numérique pour se mettre en conformité.

Le RGPD a apporté "autour de 650 millions à 700 millions d'euros d'activité sur notre secteur", et devrait apporter "un milliard" d'euros en 2018 et 2019 avant "une petite décroissance en 2020", a indiqué jeudi Benoit Darde, un responsable de Syntec Numérique qui est aussi directeur associé du cabinet conseil Wavestone.

Et ce n'est pas fini, a-t-il indiqué devant la presse: le besoin d'éthique dans le numérique amènera "d'autres régulations", qui obligeront les entreprises à mettre à jour leurs systèmes d'information, a-t-il estimé.

Au total, le chiffre d'affaires des entreprises du numérique devrait atteindre 56,3 milliards en 2018, et poursuivre sur le même rythme de croissance en 2019, selon le baromètre semestriel publié jeudi par le Syntec Numérique.

Le secteur devrait croître à hauteur de 3,9% en 2019, une croissance comparable à celle de 2018 compte tenu d'un moins grand nombre de jours facturables, a expliqué Syntec.

Selon Syntec, la croissance forte crée une certaine tension sur le recrutement, mais elle n'est pas suffisante pour brider la croissance des entreprises.

"Aujourd'hui on ne voit pas a priori de pertes de chiffre d'affaires" pour cause de postes non pourvus, a estimé Benoit Darde.

"On arrive à faire les plans de recrutement tels qu'ils sont souhaités, mais on y met une énergie bien plus importante", a-t-il indiqué.

Pour autant la profession multiplie les efforts pour former plus de monde et élargir le vivier de recrutement.

"Nous travaillons aujourd'hui pour imaginer ce qui pourrait être la +grande école de la reconversion+ pour des professionnels qui vont être amenés à changer de job et pour qui le numérique peut être une opportunité absolument extraordinaire de deuxième carrière", a déclaré Geoffroy de Bentzmann, le président de Syntec Numérique.

Parmi les trois grandes composantes du Syntec Numérique, la branche conseil en technologies devrait avoir la plus forte croissance en 2019 (+5,2%), tirée notamment par la demande d'ingénieurs des secteurs automobile, aéronautique et de l'énergie.

L'édition de logiciel devrait progresser de 5,1%, et le conseil et service informatique de 3%.

(©AFP / 06 décembre 2018 17h05)
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