Le roi de Jordanie offre un tableau de Jérusalem au pape François

Cité du Vatican - Le roi Abdallah II de Jordanie, reçu mardi par le pape François, lui a offert un tableau représentant la vieille ville de Jérusalem, où figurent le dôme du Rocher et l'église du Saint-Sépulcre dominée par sa croix.

"Mon cher ami et frère", a déclaré le roi en saluant le pape au début de leur entretien, dans un climat amical, ont constaté des journalistes présents.

Le pape s'était rendu en Jordanie en mai 2014 dans le cadre d'un voyage au Moyen-Orient qui l'avait ensuite conduit à Jérusalem. Il avait alors appelé au "libre accès" de tous les croyants - juifs, musulmans et chrétiens - aux lieux saints.

Le gouvernement de Jordanie, pays gardien des lieux saints musulmans à Jérusalem, a qualifié de "violation du droit international" la récente décision du président américain Donald Trump de reconnaître la Ville sainte comme capitale d'Israël.

Le pape François avait pour sa part appelé au "respect du statu quo" à Jérusalem, en conformité avec les résolutions des Nations unies, qui prônent une solution négociée pour la ville qu'Israéliens et Palestiniens revendiquent comme capitale.

Le Vatican a évoqué mardi dans un communiqué des "conversations cordiales" entre le pape et le roi, centrées sur "le thème de la promotion de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient, avec une référence particulière à Jérusalem et au rôle du souverain hachémite comme gardien de lieux saints".

Dans ce contexte, ils ont renouvelé leur engagement à "encourager des négociations entre les partis intéressées" et à "promouvoir le dialogue interreligieux", selon le communiqué.

"Enfin, l'importance d'aider les chrétiens à rester au Moyen-Orient a été évoquée, ainsi que les contributions positives qu'ils apportent aux sociétés de la région, dont ils sont une partie intégrante", conclut le texte.

Pour son tête-à-tête d'une vingtaine de minutes au Vatican, le roi était accompagné de son cousin et conseiller, le prince de Jordanie Ghazi bin Muhammad bin Talal.

Ce dernier avait été il y a 10 ans à l'origine d'une lettre ouverte de 138 religieux, dignitaires et intellectuels musulmans du monde entier, sunnites et chiites, invitant les représentants des différences confessions chrétiennes au dialogue.

L'initiative était intervenue un an après la crise provoquée par le "discours de Ratisbonne" de Benoît XVI, en septembre 2006, qui avait paru assimiler islam et violence.

Dans la vieille ville, le Saint-Sépulcre est le plus important sanctuaire de la chrétienté, bâti sur le lieu où, selon la tradition chrétienne, Jésus a été crucifié puis mis au tombeau.

L'esplanade des Mosquées, où se trouvent le dôme du Rocher et la mosquée al-Aqsa, est le troisième lieu saint de l'islam.

En contrebas se trouve le mur des Lamentations, dernier vestige du Second temple juif détruit en 70 après JC par les Romains, lieu sacré de prière pour les juifs.


(©AFP / 19 décembre 2017 14h11)