Le secrétaire d'Etat adjoint américain persona non grata à Bahreïn

Dubaï - Le ministère bahreïni des Affaires étrangères a déclaré lundi persona non grata le secrétaire d'Etat adjoint américain Tom Malinowski, lui demandant de quitter immédiatement le pays, secoué par un mouvement de contestation de la majorité chiite contre la dynastie sunnite.

Les autorités bahreïnies ont dénoncé le fait que M. Malinowski se soit ingéré dans les affaires intérieures de Bahreïn en rencontrant un parti en particulier au détriment d'autres interlocuteurs, selon un communiqué publié par l'agence BNA.

Selon une photo postée par le principal parti d'opposition chiite Al-Wefaq sur Twitter, M. Malinowski a rencontré des leaders de l'opposition, dont Ali Salman, le chef d'Al-Wefaq.

D'après les autorités bahreïnies, le secrétaire d'Etat adjoint américain, chargé de la Démocratie, des Droits de l'Homme et du Travail, a ainsi contrevenu aux règles diplomatiques et bafoué les relations normales inter-étatiques.

La porte-parole du département d'Etat Jen Psaki a indiqué pour sa part que M. Malinowski est à Bahreïn et reste à Bahreïn.

Il est en visite pour affirmer et renforcer les liens bilatéraux, et soutenir les efforts de réformes du roi et les efforts de réconciliation à un moment important, notamment au regard des évènements dans la région, a-t-elle dit, précisant: nos représentants sont en contact étroit avec les représentants bahreïnis sur le terrain.

Le ministère bahreïni des Affaires étrangères a précisé que les relations entre Bahreïn et les Etats-Unis ne seraient pas affectées par cette affaire.

Bahreïn réaffirme ses fortes et solides relations avec les Etats-Unis, et souligne que le développement de ces liens ne doit pas être affecté par de tels actes malheureux, selon le communiqué.

Bahreïn, situé dans le Golfe face à l'Iran, abrite le quartier général de la Ve flotte américaine.

Petit royaume dirigé par la dynastie sunnite des Al-Khalifa, Bahreïn est secoué depuis février 2011 par un mouvement de contestation animé par la majorité chiite, qui réclame une monarchie constitutionnelle.

Les forces de l'ordre, aidées par des troupes saoudiennes, ont écrasé ce mouvement en mars 2011, mais des manifestations éclatent toujours régulièrement dans des villages chiites et dégénèrent souvent en heurts avec la police.

Face à la poursuite de la contestation, les autorités ont alourdi l'an dernier les peines pour les auteurs de violences et introduit la peine de mort ou la prison à perpétuité en cas de morts ou de blessés.

Les Etats-Unis ont été critiqués par plusieurs organisations des droits de l'Homme pour ne pas avoir condamné plus fermement la répression des manifestations.

Le roi a tenté de lancer un dialogue national, mais après deux rounds de discussion, l'opposition a quitté les négociations, affirmant que les autorités n'étaient pas prêtes à faire suffisamment de concessions.

(©AFP / 07 juillet 2014 22h09)
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