Les Bourses européennes en baisse, dans le sillage de la Chine et du Brexit

PARIS (awp/afp) - Les Bourses européennes ont terminé en baisse vendredi, affectées par le ralentissement de la croissance chinoise et européenne ainsi que par les incertitudes qui persistent toujours autour du Brexit.

Les ventes de détail en Chine, baromètre de la consommation des ménages, et la production industrielle ont ralenti en novembre.

En zone euro, la croissance du secteur privé a décéléré et atteint son plus bas niveau depuis plus de quatre ans en décembre.

"On sent une lassitude en cette fin d'année", "les investisseurs n'ont pas envie de croire" à un rebond significatif, indique à l'AFP Laurent Gaetani, analyste chez Degroof Petercam.

"Cela inquiète les investisseurs", souligne aussi David Madden, analyste chez CMC Markets.

L'annonce d'une nouvelle chute des immatriculations automobiles en Europe a renforcé le malaise.

Sur le Brexit, la Première ministre britannique Theresa May juge encore "possible" d'obtenir des garanties supplémentaires de la part des 27 de l'UE. Toutefois, le président français Emmanuel Macron a affirmé que les 27 pouvaient "clarifier" l'accord de retrait sur le Brexit à la demande des Britanniques, mais pas le "renégocier", à l'issue d'un sommet européen à Bruxelles.

A New York, les indices évoluaient nettement dans le rouge à la mi-séance vendredi: vers 17H30 GMT, le Dow Jones Industrial Average reculait de 1,73% à 24.172,72 points, l'indice élargi S&P 500 de 1,37% à 2.612,40 points et le Nasdaq de 1,37% à 6.973,81 points.

De façon plus générale, "éviter le risque d'ici la fin de l'année semble être le mot d'ordre sur les marchés", a relevé Gregori Volokhine de Meeschaert Financial Services.

Les chiffres chinois par exemple, "n'étaient pas très bons mais pas non plus dramatiques", a-t-il souligné. "Et les marchés dans le monde entier baissent depuis des mois car ils anticipent ce ralentissement de la croissance", a-t-il ajouté. "Rien ne change vraiment, si ce n'est le sentiment du marché."

L'Eurostoxx 50 a perdu 0,63% à 3.092,60 points.

À Paris, le CAC 40 a terminé en net repli (-0,88% à 4.853,70 points).

Les équipementiers automobiles étaient particulièrement touchés, à l'instar de Plastic Omnium (-7,04% à 19,16 euros), Valeo (-4,15% à 24,02 euros) ou Faurecia (-3,64% à 31,01 euros).

GTT profitait en revanche (+3,77% à 70,15 euros) d'un relèvement de sa recommandation à "conserver" contre "réduire" auparavant par Kepler Cheuvreux.

À Francfort, le Dax a fini en baisse, perdant 0,54% à 10.865,77 points.

Volkswagen a reculé de 1,32% à 147,72 euros et Daimler de 0,36% à 47,37 euros tandis que BMW a grignoté 0,12% à 74,27 euros.

Dans le bas du tableau, Bayer a abandonné 1,61% à 63,36 euros, poursuivant son chemin de croix boursier depuis la reprise du géant américain des semences Monsanto.

Focalisé sur les derniers développements du Brexit, l'indice FTSE-100 de la Bourse de Londres a terminé lui aussi en baisse, perdant 0,47% à 6.845,17 points.

Anglo American a lâché 1,03% à 1.694,40 pence, Antofagasta 2,09% à 778 pence, BHP 0,91% à 1.616,60 pence et Rio Tinto 1,58% à 3.675,50 pence.

Le groupe de paris GVC s'est envolé (+9,07% à 721,50 pence) avant le vote au Parlement en début de semaine prochaine concernant la réduction de la mise maximum dans les machines à sous au Royaume-Uni.

La Bourse de Milan a terminé vendredi en baisse, l'indice FTSE Mib perdant 0,72% à 18.911 points.

Amplifon réalise la meilleure performance avec une hausse de 1,19% à 14,51 euros, tandis que Pirelli enregistre la plus forte baisse en abandonnant 2,63% à 5,85 euros.

A Madrid, l'indice Ibex 35 a clôturé en baisse de 0,45% à 8.886,10 points.

Parmi les poids lourds, le géant espagnol du textile Inditex a lâché 1,76% à 24,55 euros.

Principale hausse de la séance, l'entreprise espagnole d'informatique Indra a augmenté de 1,74% à 8,77 euros.

L'indice PSI 20 de la Bourse de Lisbonne a perdu 0,41% à 4.803,42 points.

Ibersol a connu la plus forte hausse de la séance (+0,74% à 8,18 euros) tandis que le papetier Altri a enregistré la plus forte baisse, cédant 2,63% à 5,56 euros.

La Bourse suisse a elle aussi terminé la semaine dans le rouge, l'indice SMI des valeurs vedettes cédant 1,15% à 8.713,68 points.

Seul l'opérateur historique de téléphonie Swisscom a fini dans le vert, prenant 0,40% à 477,80 francs suisses.

Parmi les entreprises les plus sensibles à la conjoncture et aux cycles d'investissements, le cimentier LafargeHolcim a chuté de 2,12% à 42,03 francs suisses, tandis que Adecco, le spécialiste du travail temporaire, essuyait une perte de 1,98% à 45,55 francs suisses.

L'indice AEX des principales valeurs de la Bourse d'Amsterdam a clôturé en baisse de 0,34% à 506,53 points.

A la baisse, le groupe de biotechnologies Galapagos a perdu 2,40% à 93,58 euros. A la hausse, le groupe néerlandais de télécommunications KPN a pris 2,34% à 2,62 euros.

Enfin, la Bourse de Bruxelles a aussi terminé dans le rouge, l'indice Bel-20 des valeurs vedettes perdant 0,50% à 3.384,29 points.

Telenet a affiché la plus belle hausse (+4,51% à 43,08 euros) tandis qu'Umicore a fermé la marche, perdant 1,93% à 35,57 euros.

sch/tq/bp

(AWP / 14.12.2018 18h55)