Les actions en justice des antinucléaire pourraient dissuader EDF d'être transparent

Dieppe - Les poursuites judiciaires contre EDF par des associations écologistes pour de petits incidents risquent d'inciter le groupe à faire preuve de moins de transparence, a estimé mercredi un avocat du groupe lors d'un procès devant le tribunal de police de Dieppe (Seine-Maritime).

EDF joue à fond le jeu de la transparence via les rapports de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) notamment, a plaidé l'avocat, Olivier Piquemal, du barreau de Toulouse, contestant toutefois d'avoir à faire face à des poursuites pour le moindre incident.

A force de passer son temps devant le tribunal de police et de se faire taper dessus par les associations, vous voulez qu'on déclare moins d'événements ?, a-t-il dit devant le tribunal.

Ou bien on continue à en déclarer, même trop? Il y a un équilibre à trouver dans le droit nucléaire naissant, sinon on arrivera à une situation paradoxale et absurde où EDF se mettra en position de repli et de moindre transparence, a-t-il ajouté.

EDF était poursuivi parce que l'ASN avait relevé une fuite d'eau radioactive (contenant du tritium) dans un puisard de la centrale de Penly.

Ces eaux de purge ou de lavage s'étaient échappées d'une cuve en inox et s'étaient écoulées dans la fosse de béton souterraine contenant cette cuve. Au bout d'un certain temps, 50 litres d'eau s'étaient infiltrés et avaient faiblement contaminé la nappe phréatique.

A la suite d'une enquête réclamée par le parquet, EDF était poursuivi pour deux infractions contraventionnelles de cinquième classe: le défaut d'étanchéité et la présence d'eau radioactive dans le puisard. Le parquet a réclamé 2.000 euros d'amende pour chacune des deux infractions. Le jugement a été mis en délibéré au 10 septembre.

Si le contrôle de l'ASN n'avait concerné qu'une seule cuve, il a toutefois été révélé à l'audience que ce problème de fuites avait concerné 28 des 37 puisards de la centrale (1 tonne d'eau au total), poussant EDF à engager pour 550.000 euros de travaux.

La quantité de tritium relevée dans la nappe, en février 2013, était de 48 à 56 becquerels par litre au lieu des 10 à 23 habituels, le seuil légal étant de 100 et 10.000 maximum pour la potabilité.

Trois associations s'étaient portées parties-civiles: France Nature Environnement, Sortir du nucléaire et Stop EPR. Leur avocat, plaidant le défaut de maintenance, a réclamé 5.000 euros de dommages et intérêts pour chacune d'elles.

cor-hel/hg/cj

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(©AFP / 11 juin 2014 20h38)