Les ambassadeurs des puissances nucléaires occidentales bouderont la cérémonie Nobel

Oslo - Contrairement à l'usage, les ambassadeurs des puissances nucléaires occidentales ne participeront pas à la cérémonie Nobel qui a couronné cette année les efforts contre ces armes de destruction massive, a indiqué jeudi l'Institut Nobel.

"C'est décevant mais c'est un signal clair que notre campagne (...) a un impact", a estimé sur Twitter Beatrice Fihn, directrice de la Campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires (ICAN).

Coalition d'ONG, l'ICAN s'est vu attribuer le prix Nobel de la paix le 6 octobre pour ses efforts en faveur d'un traité historique d'interdiction de l'arme atomique, signé en juillet par 122 pays, parmi lesquels aucune des puissances nucléaires.

Rompant avec la tradition, les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont informé la semaine dernière l'Institut Nobel de leur décision conjointe d'être représentés par des diplomates de second rang à la remise de remise du prix le 10 décembre à Oslo.

"Ils ont visiblement reçu l'instruction de marquer leurs réserves vis-à-vis de l'ICAN et du traité d'interdiction" des armes nucléaires, a déclaré à l'AFP le directeur de l'Institut, Olav Njølstad.

Parmi les neuf pays qui détiennent la bombe, seuls la Russie et Israël, puissance nucléaire non-officielle, seront représentés par leur ambassadeur.

"Par principe, nous souhaitons que toutes les ambassades à Oslo envoient leur plus haut représentant mais nous devons nous résigner à ce que, parfois, pour des considérations politiques, différents pays s'abstiennent de participer ou choisissent de le faire à un niveau moindre", a précisé M. Njølstad.

Soulignant que le traité d'interdiction de l'arme atomique survenait "à une période de danger accru en termes de prolifération nucléaire", l'ambassade des États-Unis a confirmé son niveau de participation.

"Ce traité ne rendra pas le monde plus pacifique, ne se traduira pas par l'élimination d'une seule arme nucléaire ni n'améliorera la sécurité d'un seul État", a-t-elle affirmé dans une déclaration à l'AFP.

Sans évoquer nommément la Corée du Nord, elle a souligné que "ce traité ignore les défis sécuritaires actuels qui rendent la dissuasion nucléaire nécessaire" et répété l'attachement des États-Unis au Traité de non-prolifération (TNP) de 1968, leur outil juridique privilégié en la matière.

"La France sera représentée par le diplomate du rang le plus élevé après l'ambassadeur", a de son côté indiqué son ambassade à Oslo. "La France reconnaît ainsi l'important travail mené par le comité Nobel et respecte l'indépendance de ce dernier", a-t-elle ajouté.

Les ambassadeurs de Chine, d'Inde et du Pakistan devraient aussi être absents pour différentes raisons, selon l'Institut. La Corée du Nord n'a pas d'ambassade en Norvège.

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(©AFP / 30 novembre 2017 14h40)