Les insurgés progressent vers Bagdad, qui prépare sa défense

Les combattants sunnites radicaux d'EIIL ont poursuivi leur progression en direction de la capitale irakienne Bagdad, alors que le pouvoir a commencé à répliquer. Face à la menace des insurgés, la plus haute autorité religieuse chiite du pays a appelé les civils à prendre les armes.

Depuis qu'ils ont pris Mossoul mardi dans le nord de l'Irak, les jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) ont progressé en direction de Bagdad. Alors qu'ils contrôlaient déjà depuis le début de l'année une partie de la vallée de l'Euphrate, les insurgés ont désormais pris pied dans Oudhaïm, à 90 km au nord de la capitale.

EIIL a ouvert un autre front, au nord-est de Bagdad, en pénétrant dans Saadiyah et Djalaoula, deux localités de la province de Diyala, frontalière de l'Iran. D'autres témoins ont fait état de renforts rebelles aux alentours de Samarra (110 km au nord de Bagdad), ville natale d'Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l'EIIL.

Plan spécial pour défendre Bagdad

Prises de court ces derniers jours, les autorités ont commencé à répliquer. Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a affirmé que les forces de sécurité avaient commencé à nettoyer certaines villes des "terroristes".

Le cabinet de M. al-Maliki, un chiite honni par les rebelles sunnites, a également annoncé la mise en place d'un plan de sécurité pour défendre Bagdad. Il inclut un déploiement massif de forces de sécurité et un renforcement du renseignement.

De son côté, Ali Sistani, plus haute autorité religieuse chiite d'Irak, a appelé les civils à prendre les armes "pour défendre leur pays, leur peuple et leurs lieux saints".

Plus de frontière

Un tel appel risque de provoquer une répétition des affrontements communautaires qui ont ensanglanté l'Irak en 2006 et 2007 et d'alimenter le scénario d'une partition du pays.

Dans les villes passées sous leur coupe, les hommes de l'EIIL ont installé des conseils militaires et imposé des règles. Ils ont notamment interdit l'alcool et les cigarettes et ordonné aux femmes de se vêtir uniquement de tenues dissimulant l'intégralité de leur corps.

Les Irakiens habitant près de la Syrie rapportent que les jihadistes s'emploient à l'aide de bulldozers à effacer toute trace de la frontière.

Possibles frappes de drones

A l'étranger, le président américain Barack Obama a déclaré que son pays n'enverra pas de troupes au sol, mais examine "d'autres options" pour aider l'armée irakienne à enrayer l'avancée jihadiste. De possibles frappes de drones ont été évoquées par un responsable américain.

L'ONU a fait état "d'informations sur des exécutions sommaires" lors de l'assaut d'EEIL en Irak. Et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a fait état de la fuite d'environ 40'000 personnes de Tikrit et Samarra, et de plus de 500'000 de Mossoul, deuxième ville d'Irak, en prévoyant "une crise humanitaire prolongée".



(ats / 13.06.2014 19h39)