Les journaux romands s'organisent après la faillite de Publicitas

Berne (awp/ats) - Suite à la défection de Publicitas, les titres romands ont dû s'organiser rapidement pour assurer la continuité auprès de leurs annonceurs. Principaux touchés, les journaux du Groupe Romandie Combi (ROC) ont transféré le courtage des publicités nationales à Gassmann Media et souvent repris à leur compte les publicités régionales.

"Nous nous étions préparés à toutes les situations. Avec les autres membres du Romandie Combi, nous avons cependant dû réagir très rapidement (après la faillite de Publicitas). En 48 heures, nous avons dû transférer les activités publicitaires nationales auprès de Gassmann", rapporte Thierry Mauron, directeur général du Groupe Saint-Paul, qui détient notamment La Liberté. Le ROC représente La Liberté, Le Nouvelliste, Le Quotidien Jurassien, le Journal du Jura et ArcInfo.

Au niveau régional, le Groupe Saint-Paul est moins touché, car il dispose de sa propre régie, Média F, créée en 2013. Une sécurité dont ne disposent pas Le Nouvelliste, Le Quotidien Jurassien et Arcinfo. Pour pallier ce manque, ils ont décidé de reprendre les sociétés sous-traitantes de Publicitas dédiées à leur titre.

Le Nouvelliste reprend la régie valaisanne d'ImpactMédias, ainsi que l'ensemble de son personnel. ArcInfo fait de même avec la branche neuchâteloise. Le Quotidien Jurassien créé de son côté Syner J et récupère la majorité des anciens employés de Publicitas dans la région.

Grâce à ces solutions, les titres se réjouissent d'avoir pu assurer la continuité. "Nos clients bénéficient des mêmes interlocuteurs, des mêmes produits et des mêmes prestations", se félicite Jacques Matthey, directeur général d'ArcInfo.

Gassman s'étoffe

Pour le Journal du Jura, la situation diffère quelque peu. Ses publicités régionales, ainsi que ses publicités nationales propres, étaient déjà commercialisées par Gassmann depuis 2010. Seules les publicités nationales également proposées dans les autres titres du ROC étaient gérées par Publicitas. Elles reviennent désormais chez Gassmann.

Le Groupe Gassmann élargit par ailleurs ses acquisitions. Il reprend la Feuille officielle de Bienne et la Feuille d'Avis de Nidau qui étaient jusque-là des concessions de l'entreprise en faillite.

Malgré leur émancipation de Publicitas, les titres du ROC n'écartent pas l'idée d'une collaboration avec AdAgent, la nouvelle agence publicitaire lancée mardi par les groupes de médias AZ Medien, Corriere del Ticino, NZZ, Tamedia et Verband Schweizer Medien (l'association des éditeurs alémaniques).

"AdAgent et Gassmann poursuivent des buts différents. La première offre des outils de logistique et de planification d'une campagne publicitaire. La deuxième fait une promotion active des journaux en démarchant les annonceurs. Une complémentarité est donc possible", indique Jacques Matthey, également président du ROC.

Martin Bürki, directeur de Gassmann Media, tient toutefois à préciser qu'"AdAgent n'est qu'un outil pour faciliter l'insertion des annonces. Si nous envisageons de l'utiliser, il n'est pas certain que cette plateforme nous apporte de nouveaux clients".

Les grands titres romands semblent de leur côté moins bouleversés par la faillite de Publicitas. La commercialisation des publicités régionales et nationales du Temps est assurée depuis fin 2013 par une régie propre, aujourd'hui Admeira (société publicitaire créée par Ringier, Swisscom et la SSR).

Après la défection de Publicitas, Admeira a directement repris les annonceurs amenés par l'agence publicitaire en faillite. Même système chez Tamedia, où l'intermédiaire "Publicitas" a été supprimé.

ats/al

(AWP / 16.05.2018 19h00)
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