Les négociations d'adhésion UE-Serbie entrent dans le vif du sujet

Bruxelles - Les pourparlers d'adhésion entre Belgrade et l'Union européenne ont véritablement démarré lundi avec l'ouverture de deux chapitres de négociation, dans le sillage de la normalisation des relations entre la Serbie et le Kosovo.

En 2013, Pristina et Belgrade ont signé sous l'égide de l'UE un accord de normalisation après la sécession du Kosovo en 2008, ce qui a permis à la Serbie d'obtenir l'ouverture des négociations pour son entrée dans l'UE en janvier 2014.

En août, un accord complémentaire réglant certaines questions restées en suspens, portant sur l'énergie, les télécommunications et la création d'une association des municipalités serbes au Kosovo, a été conclu également sous la tutelle de l'UE.

Enfin, les tout premiers chapitres ont pu être ouverts, s'est félicité lundi soir le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères Jean Asselborn, dont le pays préside l'UE.

Cela n'aurait pu être le cas sans les décisions courageuses des autorités pour signer les accords clés du 25 août qui n'étaient faciles pour aucune des deux parties, a-t-il poursuivi.

Ceci est un jour important pour nous, a commenté le Premier ministre serbe Alexandre Vucic, nous n'avons plus à rêver d'Europe désormais. Nous devons y travailler durement.

Deux chapitres de négociation ont été ouverts lundi soir lors d'une conférence intergouvernementale à Bruxelles: le chapitre 32, sur le contrôle financier, et le chapitre 35, sur l'approfondissement de la normalisation des relations serbo-kosovares.

Les négociations d'adhésion, qui prennent généralement des années, sont divisées en 35 chapitres très divers couvrant des domaines comme l'économie, l'énergie, l'état de droit... afin de rapprocher la législation et les pratiques du pays candidat à l'acquis communautaire, préalable indispensable à une entrée dans le bloc européen.

Il est extrêmement rare de démarrer ces pourparlers par l'ouverture du chapitre 35, consacré aux sujets divers, et habituellement utilisé lorsque l'adhésion est toute proche pour aborder les dernières questions en suspens.

Les relations entre Belgrade et Pristina restent encore très difficiles, avait estimé M. Asselborn lundi matin. Nous sommes là pour aider, a-t-il insisté.

Le dialogue doit continuer, avait abondé le commissaire européen à l'Elargissement, Johannes Hahn. Il a admis que beaucoup d'eau coulera dans le Danube avant que la Serbie et son ancienne province devenue indépendante n'aient totalement fait la paix.

L'UE a aussi tendu la main au Kosovo en signant fin octobre un accord de stabilisation et d'association, la première étape sur le long chemin de l'adhésion.

La Commission européenne a exclu tout nouvel élargissement avant 2020, même pour les pays (Macédoine, Monténégro, Albanie, Serbie et Turquie) qui ont déjà entamé des pourparlers d'adhésion.

(©AFP / 14 décembre 2015 21h15)
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