Les oppositions jugent sévèrement le périple mémoriel de Macron

Paris - Au terme d'une semaine d'"itinérance" d'Emmanuel Macron pour le centenaire de la Grande Guerre, les oppositions jugeaient sévèrement vendredi ce périple mémoriel.

A droite, l'ancien ministre et maire de Meaux (LR) Jean-François Copé a regretté sur France 2 que cette semaine qui devait être consacrée "au devoir de mémoire" "se termine finalement par un terrible cafouillage", sur le prix de l'essence, "qui est un sujet majeur, mais qui n'y avait pas sa place".

"Je regrette beaucoup qu'on ait mélangé les genres et que le président de la République n'ait pas concentré son seul message sur la réunion de la nation autour de ce que fut cette tragédie de la Première Guerre mondiale, et le mélanger avec l'actualité était à mon sens une véritable erreur", a-t-il ajouté.

A propos de la polémique sur la figure du maréchal Pétain, il a estimé qu'"il n'y a pas pire que de voir des hommes politiques se transformer en historiens". "Le rôle du président de la République c'est de faire la part des choses sur ce qui relève de l'histoire et de la mémoire collective (...) Il n'a pas vocation à écrire l'histoire", a-t-il ajouté.

Il a néanmoins jugé "très bien" "l'idée de réunir (dimanche) en France 80 chefs d'Etat qui sont quelque part les héritiers de ce que furent les tragédies du 20e siècle".

Au Parti socialiste, le député Luc Carvounas a estimé sur Cnews que "l'idée première était bonne", permettant au chef de l'Etat d'essayer de faire comprendre aux Français les ressorts de sa politique. "Mais je ne suis pas sûr qu'à la fin de cette semaine on ait bien compris", a-t-il ajouté.

Dans les rangs de La France insoumise, François Ruffin, député de la Somme, a estimé que "le président fai(sait) son Chemin des Dames. Pourquoi ? Parce que tout simplement Jupiter redescend sur Terre" et "se retrouve face à des gens bien vivants, bien criants", qui fustigent "l'injustice fiscale".

Après l'épisode Pétain, Adrien Quatennens, député LFI du Nord, avait estimé jeudi que cette "itinérance" semblait être devenue "une errance mémorielle".

"Les âmes chagrines retiendrons Pétain, les optimistes retiendrons le milliard d'euros investi à Maubeuge (sur un site Renault) et les centaines d'emplois", a défendu vendredi le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux sur Public Sénat, estimant qu'"on peut à la fois conduire un devoir de mémoire" et dialoguer avec ces territoires du Nord et de l'Est qui ont connu "des phases difficiles de désindustrialisaion".

ggy/sl/phc

Renault

(©AFP / 09 novembre 2018 10h48)
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