Loi travail: des actions organisées partout en France

Paris - Les mouvements sociaux se sont poursuivis ou ont repris mardi, journée d'action contre la loi travail marquée par une manifestation nationale à Paris et d'autres en province qui ont réuni, au total, entre 125.000 personnes selon les autorités et 1,3 million de personnes selon les organisateurs.

Le point sur la situation, des transports au ramassage des déchets en passant par les manifestations.

Manifestations

La manifestation parisienne contre le projet de loi travail a réuni 75.000 et 80.000 personnes, selon la préfecture, un million selon les syndicats, et a une nouvelle fois tourné à l'affrontement. Selon un bilan encore provisoire, 58 personnes ont été interpellées -73 au total en France- et au moins 29 membres des forces de l'ordre et onze manifestants ont été blessés.

A Toulouse, entre 6.000 (préfecture) et 30.000 personnes (syndicats) manifestaient à midi: prévisionnistes de Météo France, cheminots, salariés de l'aéronautique, des télécoms, intermittents ou étudiants composaient un cortège parsemé de nombreux drapeaux et banderoles.

A Lyon, la préfecture a dénombré 3.800 participants, la CGT 10.000. Ils étaient 1.900 à Rennes selon la préfecture, 5.000 selon les syndicats, entre 6.000 et 30.000 à Toulouse. A Marseille, ils étaient 5.000 selon la police, pas moins de 140.000 selon les participants.

Transports

La grève des cheminots lancée le 1er juin à l'appel de la CGT, SUD et FO (non représentatif) a été reconduite pour mercredi, avec un trafic quasi-normal pour les TGV, a annoncé la SNCF dans un communiqué. Huit trains sur dix circuleront pour les Transiliens, TER et Intercités.

En Ile-de-France, les RER A et E circuleront normalement, tandis que 8 trains sur dix circuleront sur les lignes B et D, et deux sur trois sur la ligne C.

Le dispositif SNCF EXAMS sera également mis en place mercredi, au premier jour des épreuves du bac.

La fédération des transports et de la logistique FO/UNCP avait appelé ses militants à une courte pause à l'occasion des examens.

La compagnie aérienne low-cost EasyJet a, de son côté, annoncé l'annulation de 22 vols et des retards mardi en raison de la grève des contrôleurs aériens.

Déchets

L'usine d'incinération de la Tiru à Ivry-sur-Seine/Paris 13 en était à son 16e jour de blocage, mardi.

La grève se poursuivait parmi les éboueurs et dans les principaux garages de camions-bennes de la Ville de Paris, où la collecte des déchets est assurée à moitié par les agents municipaux, et à moitié par des entreprises privées.

L'incinérateur de Fos-sur-Mer, qui traite les déchets de l'agglomération marseillaise, est bloqué depuis jeudi dernier par des grévistes de la CGT, a indiqué la Métropole Aix-Marseille-Provence.

Des grèves et des blocages étaient par ailleurs organisés en Ille-et-Vilaine, en Moselle, à Lyon et à l'usine Tiru de Saint-Ouen.

En revanche, le blocage des centres de déchets (Smectom) dans l'Ariège a été levé mardi lors d'un vote en assemblée générale, a indiqué le secrétaire général de l'UD de l'Ariège Didier Mézin. Ils étaient bloqués depuis le 3 juin.

Energie

La CGT faisait état mardi matin d'une baisse de production de l'ordre de 5.000 MW, de lignes haute tension coupées en région parisienne et de 350.000 clients basculés en heures creuses sur Paris.

Plus de 300 manifestants se sont réunis dans la matinée, à l'appel de la CGT, devant le ministère de l'Energie et des Transports pour protester bruyamment contre le projet de vente de RTE, le gestionnaire du réseau haute tension filiale à 100% d'EDF, et aussi contre la loi travail. Ils ont ensuite rejoint la manifestation parisienne.

Nuit debout

En début de soirée, une cinquantaine de militants de Nuit debout étaient rassemblés à proximité du Sénat. Ils y ont organisé une assemblée générale pour faire un bilan de la journée de mobilisation et dénoncer à nouveau le projet de loi travail, soulignant qu'ils étaient déjà contre avant qu'il ne soit droitisé par le Sénat. Les abords de la chambre haute étaient sous la surveillance des forces de l'ordre, qui empêchaient les militants de s'approcher.

bur-lsb/jg/ep/az

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(©AFP / 14 juin 2016 20h04)