Macron réclame aux patrons de la high-tech des engagements pour le bien commun

Paris - Emmanuel Macron a réclamé mercredi à une soixantaine de dirigeants et acteurs de la high-tech mondiale invités à l'Elysée, dont Mark Zuckerbeg (Facebook), de s'engager en faveur des "biens communs" comme la situation sociale, l'environnement et la lutte contre les inégalités, avant un sommet baptisé "Tech for Good".

A cette occasion, plusieurs groupes ont annoncé des décisions, dont les groupes Uber et Deliveroo, qui vont offrir à leurs chauffeurs et coursiers en Europe une protection sociale privée, et IBM, qui va embaucher 1.400 personnes en France.
Avant un déjeuner à huis clos, le chef de l'Etat a adressé quelques mots en anglais à ses invités réunis dans le jardin du Palais: Satya Nadella (Microsoft), Dara Khosrowshahi (Uber), Ginni Rometty (IBM), Bill McDermott (SAP), Alex Karp (Palantir) ainsi que des patrons français (Free, Orange, Les Echos, RATP, SNCF, Sanofi, BNP Paribas, Thales, OpenClassrooms...) aux côtés du président rwandais Paul Kagame.

"Il n'y a pas de repas gratuit", a-t-il souri. "J'attends de vous des discussions franches et directes pour voir comment faire plus pour améliorer la situation sociale, les inégalités, le changement climatique, et résoudre ensemble ces problèmes collectifs". "On ne peut pas être des +passagers clandestins+ de la collectivité même quand on fait de bonnes affaires", leur a-t-il lancé.

Il a assuré qu'il aborderait avec eux "tous les sujets", y compris les questions de fiscalité, sur lesquelles la France est en pointe à Bruxelles pour demander davantage de taxes sur les géants du numérique. Paris est aussi en procès avec Google pour un redressement fiscal de plus de un milliard d'euros.

Le sommet organisé par l'Elysée, qui devrait déboucher sur une série d'annonces dans la journée, en particulier sur la formation et la protection sociale, a lieu en pleine montée des critiques contre les géants d'internet sur le pillage de données, les fausses nouvelles, les comportements prédateurs ou l'évasion fiscale.

En particulier Facebook, dont le patron Mark Zuckerberg, déjà interrogé par le Congrès américain, a dû s'excuser mardi devant le Parlement européen pour le manque de protection des données de ses utilisateurs, après le scandale de la firme britannique Cambridge Analytica. Le jeune entrepreneur sera reçu dans la soirée en tête-à-tête par Emmanuel Macron.

Considéré comme ami des entreprises après ses décisions fiscales avantageuses (réduction de l'impôt sur la fortune et sur les plus-values financières), le président français a multiplié les réunions avec des chefs d'entreprise depuis son élection pour leur demander d'investir en France, de défendre l'environnement.

Mardi, il a appelé les entreprises à embaucher des jeunes de banlieues.

- "Catalyseur" -

"Nous avons dit aux entreprises que nous organisions ce sommet il y a quelques mois en leur demandant d'apporter quelques chose et leurs décisions, qui parfois traînaient depuis longtemps, se sont cristallisées. Ce genre de sommet est un catalyseur : le président met un poids politique, les sièges aux Etats-Unis valident les annonces. Cela entraîne les autres, les patrons ne veulent pas être moins-disant que leurs voisins. Cela crée une émulation qui les pousse à s'engager", ont expliqué les conseillers de l'Elysée.

Dans l'après-midi, tous devaient se retrouver à Matignon pour des ateliers consacrés à l'avenir du travail, de la diversité et de l'éducation, en présence de plusieurs ministres du gouvernement. Le Premier ministre Edouard Philippe clôture le sommet en dressant le bilan de leurs annonces.

A la même heure, Emmanuel Macron recevra en tête-à-tête, outre le patron de Facebook, ceux d'IBM, Uber et Microsoft.

La plupart des invités de l'Elysée se retrouveront le lendemain à VivaTech, à Paris, un grand raout international de la tech où sont attendues des milliers de start-up et près de 80.000 visiteurs. Emmanuel Macron, qui a soutenu cet événement depuis sa création en tant que ministre de l'Economie, y prononcera un discours dans la matinée avant de s'envoler pour Saint-Pétersbourg.

leb/frd/tes

FACEBOOK

BNP PARIBAS

MICROSOFT

THALES

SAP

IBM

GOOGLE


(©AFP / 23 mai 2018 13h35)
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