Macron "satisfait" du compromis gouvernemental trouvé en Allemagne

Paris - Le président français Emmanuel Macron s'est dit vendredi "heureux et satisfait" de l'accord de coalition trouvé en Allemagne entre les conservateurs d'Angela Merkel et les sociaux-démocrates, le jugeant "favorable au projet européen" qu'il porte.

"Je suis heureux et satisfait que la chancelière Merkel puisse avancer favorablement dans la constitution d'un gouvernement de coalition qui sera utile et qui est attendu par l'Europe et tout particulièrement par la France", a déclaré M. Macron lors d'une conférence de presse conjointe à Paris avec le chancelier autrichien Sebastian Kurz.

Angela Merkel est parvenue vendredi à un accord de principe pour prendre la tête d'un nouveau gouvernement en Allemagne avec le soutien des sociaux-démocrates (SPD) et a promis de contribuer à "un nouveau départ" de l'Europe.

Le président français, qui a une grande proximité de vues avec les sociaux-démocrates sur les sujets européens, plaidait vivement en coulisse pour une telle coalition, la mieux à même d'appuyer ses projets de relance de l'Europe.

"Les termes de cet accord provisoire sont plus favorables au projet européen que ne l'étaient les termes actés dans des tentatives précédentes en fin d'année dernière", a relevé le président français.

Dans leur compromis d'alliance, résumé dans un document de 28 pages, les chrétiens-démocrates de la CDU et de la CSU et les sociaux-démocrates prévoient de "renforcer" et "réformer" la zone euro avec la France pour la rendre plus résistante aux crises.

"J'y vois la marque tout à fait favorable d'une plus grande avancée sur les sujets européens que je porte et que j'ai défendus", s'est-il félicité.

L'accord doit encore donner lieu à des négociations détaillées et être ratifié par la base du SPD lors d'un congrès extraordinaire le 21 janvier, à l'issue très incertaine.

"Il est trop tôt pour tirer des jugements définitifs", a concédé M. Macron, tout en souhaitant avoir "un gouvernement fort et solide" à Berlin qui permette de "reprendre les discussions" sur la réforme de l'UE.

Sebastian Kurz, plus jeune dirigeant du monde à 31 ans, a aussi adressé à Mme Merkel "tous (ses) voeux de succès" afin qu'elle puisse former "rapidement" un gouvernement. "C'est notre plus grand voisin et nous avons un très grand intérêt à ce qu'il y ait une situation politique stable en Allemagne".

Le nouveau chancelier autrichien, qui gouverne avec l'extrême droite et avait choisi la France pour son premier déplacement bilatéral à l'étranger, a martelé que son gouvernement était "pro-européen" et voulait apporter sa contribution à la réforme de l'UE.

"Je vous demande de nous donner une chance et de nous juger sur notre programme et sur nos actes", a-t-il insisté, alors que l'Autriche présidera l'UE au second semestre.

Une chance que les Européens se sont déclarés prêts à lui accorder, loin de la levée de boucliers qui avait accompagné la première participation de l'extrême droite à un gouvernement en Autriche en 2000.

"Je déplore partout l'extrême droite, mais si elle est là, c'est parce qu'on a échoué à combattre les angoisses qui la nourrissent", a ainsi relevé le président français.

MM. Macron et Kurz ont affiché leurs convergences de vue sur le renforcement de la sécurité et de la défense en Europe ainsi que sur un "marché unique du numérique", renforçant la taxation des entreprises du secteur.

M. Kurz a réitéré en revanche son opposition à toute augmentation de la contribution autrichienne au budget européen pour compenser le Brexit: "il faut se montrer plus économe, l'UE ne peut pas garder les mêmes budgets alors qu'elle devient plus petite".


(©AFP / 12 janvier 2018 17h03)
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