Madrid invite les séparatistes catalans à plaider leur cause au parlement

Madrid - Le gouvernement espagnol a invité vendredi les autorités de Catalogne à défendre leur projet indépendantiste devant le parlement plutôt que sur la place publique, avant une grande conférence qu'elles organisent lundi à Madrid.

Le président de cette puissante région du nord-est de l'Espagne, Carles Puigdemont a cependant décliné l'invitation.

M. Puigdemont a préféré insister sur la nécessité de négocier avec Madrid les conditions du référendum d'autodétermination qu'il veut organiser dès septembre en Catalogne.

M. Puigdemont doit présenter lundi à Madrid sa "proposition de négociation avec le gouvernement espagnol" des termes de cette consultation, illégale selon la justice espagnole et auquel le gouvernement s'est toujours opposé.

Vendredi, la vice-présidente du gouvernement espagnol, Soraya Saenz de Santamaria, est intervenue exceptionnellement au point de presse du gouvernement pour souligner que M. Puigdemont n'avait pas besoin de louer une salle à Madrid pour exposer son projet quand le parlement est le lieu tout désigné pour le présenter.

Mais elle a refusé de discuter d'un référendum d'autodétermination uniquement pour les Catalans, rappelant que la Constitution prévoit que tous les Espagnols soient consultés sur les questions concernant leur avenir commun.

"Le gouvernement ne peut pas négocier un référendum que la Constitution ne permet pas", a dit Mme Saenz de Santamaria. "Mais ce que notre système juridique permet c'est que les représentants légitimes de tous les Espagnols débattent de n'importe quelle proposition", a-t-elle ajouté, en référence aux parlementaires.

Elle a évoqué des précédents pour de tels débats.

En 2005, le parlement avait rejeté un projet d'autodétermination pour le Pays basque, présenté par le président à l'époque de cette région du nord-ouest de l'Espagne, Juan José Ibarretxe.

Puis en 2014, la Chambre des députés avait rejeté une première proposition de référendum catalan, par 299 voix sur 350.

Depuis Barcelone, M. Puigdemont a lui redit vendredi soir: "Le gouvernement catalan transmettra formellement au gouvernement espagnol la proposition pour mettre en oeuvre ce référendum d'autodétermination négocié".

"Nous sommes prêts à négocier les conditions", a-t-il insisté. Et "au cas où nous arriverions à un accord, les gouvernements respectifs le soumettraient aux deux parlements", national et régional.

Pour présenter sa proposition lundi, M. Puigdemont devrait s'appuyer sur les signatures recueillies en faveur d'un référendum auprès de citoyens mais aussi d'entreprises, de syndicats, d'associations et de clubs comme le FC Barcelona.

Les indépendantistes, qui multiplient depuis des années les manifestations et les campagnes d'information, ont déjà avancé le chiffre de 400.000.


(©AFP / 19 mai 2017 20h03)
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