Méditerranée: le navire anti-migrants repart sans accepter l'aide d'une ONG

Rome - Le C-Star, un navire affrété par des militants antimigrants en Méditerranée à nouveau à l'arrêt vendredi, est reparti par ses propres moyens, sans accepter l'aide d'une ONG qui a affirmé avoir été chargée de lui porter assistance.

Un porte-parole des militants du C-Star a expliqué à l'AFP que le bateau, tout juste reparti après cinq jours de blocage en face de la Tunisie, avait simplement arrêté ses moteurs pour résoudre un problème technique, ce qui a provoqué une procédure d'information des bateaux navigant dans les environs mais sans appel à l'aide.

Il n'a pas été possible de joindre les gardes-côtes italiens pour confirmer s'ils avaient bel et bien demandé au navire de Sea-Eye, une ONG allemande, d'aller proposer son aide.

Le président de Sea-Eye, Michael Buschheuer, a assuré sur Facebook avoir été informé des difficultés du "navire nazi" et a souligné que l'aide aux personnes en détresse était un devoir pour tous les navigateurs, "indépendamment de leur origine, couleur de peau, religion ou convictions".

Le Sea-Eye s'est dérouté en direction du C-Star, mais lors d'un contact radio, le second a assuré ne pas avoir besoin d'aide et le premier a donc repris sa route.

Bloqués depuis dimanche au large de la Tunisie, où des pêcheurs et un puissant syndicat s'opposaient à leur ravitaillement, les militants du C-Star étaient sortis jeudi soir de leur silence. "Notre bateau à été ravitaillé, tout va bien, il retourne sur zone", a lancé Clément Galand, militant français à bord, dans un message à l'AFP dans la nuit de jeudi à vendredi.

- Disparu des radars -

Mais en début de matinée, le C-Star a mis ses moteurs à l'arrêt le temps de régler "un problème technique mineur" dans la perspective de navigation proche d'autres embarcations dans la zone de secours au large de la Libye.

Le problème a été réglé directement à bord et le navire est reparti, a précisé M. Galand vendredi soir. Dans le même temps, le C-Star, disparu des radars depuis mercredi, est réapparu sur les sites de suivi du trafic maritime, qui le montraient navigant au large de Zouara, dans l'ouest de la Libye.

Le C-Star, un navire de 40 mètres qui bat pavillon mongol, a été loué à Djibouti par le groupe d'extrême droite français "Génération identitaire".

Il a rencontré des difficultés avec les autorités au canal de Suez en Egypte et lors d'un premier ravitaillement à Chypre, où il a été soupçonné d'aide à l'immigration clandestine quand des membres d'équipage ont demandé l'asile.

A bord, des militants allemands, français, italien et autrichien, financés grâce à appel aux dons sur internet qui a récolté plus de 212.000 dollars (180.000 euros) depuis mi-mai, entendent s'assurer que les migrants secourus dans les eaux internationales au large de la Libye soient reconduits en Afrique.

La semaine dernière, ils ont appelé deux navires d'ONG présents au large de la Libye à quitter la zone. "Vous agissez comme un facteur incitatif pour les trafiquants d'êtres humains", ont-ils dénoncé par radio.

Un message similaire à celui transmis jeudi par la marine libyenne, qui a interdit tout navire étranger non autorisé dans une zone de recherches et de secours au large de ses côtes.


(©AFP / 11 août 2017 22h36)
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