Moratoire sur les carburants: un premier geste insuffisant pour l'opposition

Paris - Un premier geste, mais encore insuffisant. Les oppositions de droite et de gauche comme les "gilets jaunes" réclamaient mardi davantage qu'un moratoire sur la hausse des taxes sur les carburants pour répondre aux attentes en matière de pouvoir d'achat.

Le Premier ministre doit annoncer cette mesure mardi matin devant le groupe En marche à l'Assemblée nationale, a précisé une source gouvernementale à l'AFP. Une suspension de plusieurs mois qui doit être assortie d'autres mesures d'apaisement. Il s'agit de "retrouver les conditions d'un débat apaisé", a expliqué sur RTL le nouveau délégué général de La République en marche, Stanislas Guerini.

Dans les rangs des responsables politiques, qui réclamaient tous ce moratoire, à l'exception des écologistes, les appels à faire plus étaient aussi de mise.

Si "c'est un moratoire au vrai sens du mot, c'est-à-dire simplement des délais avant que la hausse de taxe ne s'applique, ça n'est pas à la hauteur", a considéré le chef de file des sénateurs LR, Bruno Retailleau, sur Public Sénat, tandis que le premier vice-président du parti, Guillaume Peltier, réclamait sur France Inter "une suppression pure et simple" des taxes sur les carburants.

Quant à l'ex-LR Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, il a appelé sur BFMTV à geler "les augmentations de taxes sur l'énergie" et "remettre à plat sans tabou la question des revenus" et de "la pression fiscale", après ce premier geste qui certes permet de "desserrer l'étau".

Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national a estimé dans un tweet que "ça n'est évidemment pas à la hauteur des attentes et de la précarité" de la population.

Si moratoire il y a, "c'est la preuve qu'ils ne se conçoivent pas comme les dirigeants d'un État-Nation qui doit la protection au peuple mais comme des patrons de banque qui accordent un délai de paiement à leurs clients surendettés", a-t-elle critiqué.

Le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, a réclamé lui aussi "une annulation définitive non seulement des taxes sur les carburants, mais aussi des taxes sur l'énergie !".

A gauche, l'ancienne ministre socialiste de l'Ecologie Ségolène Royal a salué le moratoire d'un "mieux vaut tard que jamais". Mais le gouvernement doit "tout mettre sur la table en ce qui concerne la justice fiscale", en particulier la question d'un coup de pouce au Smic, et "un bilan" des effets de la suppression de l'impôt sur la fortune.

L'ancien ministre socialiste et actuel maire du Mans Stéphane Le Foll a réclamé "un grand cycle de négociation intégrant les salaires et un coup de pouce au Smic", tandis qu'à La France insoumise, Clémentine Autain appelait, face à l'"urgence démocratique", à engager "un processus constituant pour une VIe République".

bur-ggy/el/it

RTL GROUP

(©AFP / 04 décembre 2018 09h51)
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