Nigeria: l'armée dit avoir tué 70 islamistes de Boko Haram dans le nord-est

Kano (Nigeria) - L'armée nigériane et des milices d'autodéfense ont affirmé mardi avoir tué plus de 70 membres du groupe islamiste Boko Haram en repoussant une attaque contre la ville stratégique de Konduga, proche de Maiduguri, dans le nord-est du Nigeria.

Quelque 150 islamistes sont entrés lundi dans cette ville de pêcheurs sur les bords d'une rivière avec une grande quantité de bétail, se faisant passer pour des éleveurs, selon des témoins. Une fois dans la ville, ils ont ouvert le feu sur les forces de l'ordre, engageant un combat qui a duré six heures.

Au dernier comptage, 73 combattants de Boko Haram ont été tués, a déclaré à l'AFP Butari Mala, un membre de la milice locale, un bilan confirmé par une source militaire à Maiduguri, la capitale de l'Etat de Borno.

Aucun bilan d'éventuelles pertes civiles ou militaires n'a été communiqué.

Parmi ceux qui ont été tués se trouvait un kamikaze qui a été abattu dans sa voiture remplie d'explosifs avant qu'il n'ait pu atteindre sa cible. Les autres ont fui dans la brousse mais ils ont été poursuivis et bombardés par un avion de chasse envoyé depuis Maiduguri, a-t-il ajouté.

Le kamikaze présumé voulait lancer son véhicule contre un poste de contrôle militaire de Konduga, selon les témoins.

Les combats ont débuté vers 07h00 (06h00 GMT) au moment où les assaillants ont abandonné leur bétail pour se diriger vers le poste, selon Abba Kaka, un habitant de Konduga.

Les soldats avaient été alertés par le fait que ces hommes n'empruntaient pas l'itinéraire habituel des éleveurs et de leurs troupeaux, selon M. Kaka, joint par téléphone depuis Maiduguri, où il a trouvé refuge.

Konduga, qui se trouve à 35 km au sud-est de Maiduguri, a déjà été attaquée plus d'une dizaine de fois par Boko Haram, qui n'est encore jamais parvenu à en prendre le contrôle en raison de l'intervention de l'armée et des milices d'autodéfense.

L'armé nigériane, très critiquée pour n'avoir pas su juguler l'insurrection islamiste dans le nord-est du Nigeria, a annoncé avoir repris un certain nombre de villes des mains de Boko Haram, ces dernières semaines, aidée par l'intervention de soldats des pays voisins, en particulier tchadiens.

Ces combats se déroulent à moins d'un mois des élections présidentielle et législatives qui ont été reportées une première fois. Boko Haram a menacé d'en empêcher la tenue.

- Flot incessant de réfugiés -

L'insurrection islamiste et sa répression par les forces de l'ordre nigérianes ont fait plus de 13.000 morts au Nigeria depuis 2009.

Fuyant les combats dans leur région d'origine, un million de personnes ont été déplacées à l'intérieur du Nigeria et près de 250.000 personnes se sont réfugié dans les pays voisins, selon l'agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR).

Quelques 16.000 Nigérians ont fui vers l'Extrême-Nord du Cameroun en conséquence ds violences islamistes, selon le communiqué publié sur le site Internet de l'organisation.

Comte tenu de l'évolution rapide de la situation et dans la perspective d'un nouvel afflux de réfugiés, nous sommes en train d'envisager avec les autorités la création d'un second camps de réfugiés, plus éloigné de la frontière, dangereuse a déclaré le coordinateur en chef de l'UNHCR au Cameroun, Nasir Fernandez.

En tout, 66.000 réfugiés nigérians pourraient trouver refuge au Cameroun, selon M. Fernandez.

Au Niger, où Boko Haram a mené des attaques dans les villes de Diffa et de Bosso, quelques 50.000 personnes ont fui vers Zinder et dans toute la région.

L'agence onusienne dit avoir du mal à accéder au réfugiés, qui sont en manque de nourriture, d'eau, d'abris, à cause de la présence de mines dans la région du lac Tchad, où le Nigeria partage des frontières avec le Niger, le Tchad et le Cameroun.

En tout, 100.000 peronnes ont fui au Niger ces deux dernières années.

(©AFP / 03 mars 2015 17h39)
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