Nouveau projet d'accord: des progrès et des reculs, selon les ONG

Le Bourget (France) - Le nouveau projet d'accord sur le climat, présenté jeudi soir par la présidence de la COP21, contient des progrès mais aussi des reculs, selon les ONG.

Le texte de 27 pages, qui ne contient plus que 48 options entre crochets, contre 350 dans la version précédente, fixe la limite du réchauffement maximal de la planète bien en-deçà de 2°C par rapport au niveau préindustriel.

Il propose aussi de poursuivre les efforts pour limiter la hausse de la température à 1,5°C, reconnaissant que cela réduirait significativement les risques et les impacts du changement climatique.

Ce seuil de 1,5°C est une revendication forte de dizaines d'Etats vulnérables aux conséquences du réchauffement de la planète.

Le terme +bien en-deçà+ est une avancée, a jugé Matthieu Orphelin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot (FNH).

Concernant les objectifs à long terme de l'accord (quelle trajectoire pour les émissions de gaz à effet de serre), le projet parle d'un pic le plus rapidement possible, mais aussi de neutralité des émissions, un terme jugé peu clair pour les ONG qui auraient préféré le mot décarbonation.

En outre, la mention d'un prix du carbone a disparu, il est inadmissible que l'Arabie saoudite et le Venezuela (pays pétroliers, ndlr) aient eu gain de cause, a réagi la FNH.

De la même manière, l'ONG juge que les dates de révision des plans nationaux de réduction d'émissions - à ce stade insuffisants pour garder le monde sous 2°C - sont trop tardives.

Ca ne nous paraît pas acceptable, la révision ne commencerait qu'en 2025, pointe M. Orphelin.

C'est bien que nous ayons un large accord pour limiter le réchauffement à 1,5°, mais cela ne sert à rien sans trajectoire pour y arriver, ajoute Mohamed Adow, de l'ONG Christian Aid: Sans un mécanisme de relance (des mesures de réduction d'émissions) nous ne pourrons accomplir que la moitié du chemin.

Le texte renforce en revanche les dispositions sur les financements climatiques à destination des pays du Sud, question clé de ces négociations.

Sur les financements, la formule choisie nous parait ambitieuse, souligne la FNH, le texte proposant des cycles de révision, avec l'idée que les 100 milliards de dollars annuels promis, en 2009, d'ici 2020 par les pays développés soient un plancher.

C'est une grande avancée pour les pays en développement et les pays vulnérables, le texte affirmant la nécessité de fixer à compter de 2020 des objectifs financiers quantifiés à la fois pour soutenir les politiques de réductions d'émissions et les politiques permettant de s'adapter aux impacts du réchauffement, a réagi la directrice d'Oxfam, Helen Szoke.

(©AFP / 10 décembre 2015 23h28)