Nucléaire: l'ASN devrait s'occuper de sécurité, juge le candidat à sa présidence

Paris - Bernard Doroszczuk, candidat à la présidence de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), s'est dit mercredi favorable à ce que le gendarme du nucléaire s'occupe également de questions de sécurité.

"Si je suis président de l'Autorité de sûreté nucléaire, je soutiendrai cette démarche" visant à confier à l'ASN des compétences en matière de sécurité (pour empêcher un acte malveillant) et non seulement de sûreté (empêcher un accident), a-t-il affirmé, lors d'une audition par la Commission des affaires économiques du Sénat.

Lors d'un vote en fin d'après-midi, la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale a émis un avis favorable à sa nomination à la tête de l'ASN, par 20 voix pour sur 21.

La commission compétente du Sénat a également émis un avis favorable à cette nomination.

L'Elysée avait annoncé en septembre qu'Emmanuel Macron envisageait de nommer Bernard Doroszczuk, actuel directeur du Comité français d'accréditation (Cofrac), à la tête de l'ASN pour succéder à Pierre-Franck Chevet.

Sa candidature doit faire l'objet d'un avis de l'Assemblée nationale et du Sénat.

"Toutes les autorités étrangères ou quasiment toutes sont chargées à la fois de la sûreté nucléaire et de la sécurité nucléaire", a observé M. Doroszczuk.

"C'est assez compréhensible en terme de vision globale et de définition à la fois des mesures techniques, organisationnelles et humaines à mettre en place pour préserver la sécurité des installations, qu'il s'agisse d'événements liés à l'installation ou d'actes de malveillance", a-t-il poursuivi.

"En revanche l'ASN ne doit pas... être responsable de la définition de la menace et de l'intervention en cas de passage à l'acte: c'est la responsabilité des forces de l'ordre", a conclu Bernard Doroszczuk.

En se présentant devant les sénateurs, il a souligné que l'ASN était confrontée à deux gros enjeux à court terme: celui du chantier de l'EPR de Flamanville (Manche) et le réexamen des réacteurs de 900 mégawatts d'EDF pour qu'ils puissent éventuellement fonctionner au-delà de 40 ans.

A plus long terme, il a aussi identifié un certain nombre d'enjeux: le maintien des capacités techniques et financières des exploitants (EDF, Orano, CEA), la question des déchets et du démantèlement, la radioprotection dans le domaine médical et l'efficience interne de l'ASN.

jmi-lrb/tq/az

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(©AFP / 10 octobre 2018 17h35)
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