Nucléaire: Baupin interpelle Royal sur un rejet radioactif illégal en 1980

Paris - Le député écologiste Denis Baupin a interpellé mercredi la ministre de l'Energie sur les suites que le gouvernement entend donner aux révélations d'un documentaire diffusé lundi sur Canal+ concernant un rejet illégal de plutonium dans l'environnement depuis une centrale en 1980 et passé sous silence.

Selon ce documentaire, intitulé Nucléaire, la politique du mensonge?, la centrale de Saint-Laurent des Eaux (Loir-et-Cher), exploitée par EDF, a connu un incident le 13 mars 1980 qui a conduit à un rejet de plutonium dans la Loire, une pratique illégale à l'époque comme aujourd'hui.

Interrogé, Marcel Boiteux, président d'EDF au moment des faits, y reconnaît explicitement cette pratique.

C'est quand même pas grand chose. C'est pas bien mais c'est pas grave (...), affirme M. Boiteux, actuel président d'honneur d'EDF, qui ajoute que si cela a été fait, c'est avec l'aval des pouvoirs publics, on n'aurait pas pu le faire autrement.

L'État était-il informé de ces accidents? A-t-il autorisé des rejets radioactifs dans la Loire et tu l'information?, interroge Denis Baupin, dans une question écrite adressée à Ségolène Royal.

A l'époque EDF était à 100% publique (l'Etat détient encore aujourd'hui 84,5% du capital). Et le député souhaite connaître les suites, notamment juridiques, que Mme la ministre entend donner à ces très graves infractions révélées tardivement.

Le groupe EDF, contacté par l'AFP, a indiqué que les rejets réalisés à l'époque étaient en dessous des limites hebdomadaires et annuelles réglementaires.

Selon ce documentaire, cette centrale a connu un autre problème en 1969, sans rejet dans l'environnement celui-ci.

Le député écologiste demande donc que l'ensemble des incidents et accidents de cet ordre, qui auraient pu être passés sous silence par le passé soient rendus publics.

Dans un communiqué, la ministre de l'Energie Ségolène Royal a répondu avoir saisi les dirigeants d'EDF actuel et de l'époque et diligenté une enquête des inspections compétentes, à savoir le Conseil général de l'économie (CGE) et le Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD).

L'accident de mars 1980 était connu et mentionné dans la base de données de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), a souligné Mme Royal, en ajoutant que, depuis cette époque, d'importants progrès ont été accomplis en matière de transparence dans le domaine de la sûreté nucléaire.

mhc/fka/gib

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EDF - ELECTRICITE DE FRANCE

(©AFP / 06 mai 2015 18h00)
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