Nucléaire: Londres confiant dans la construction de Hinkley par EDF

Londres - Le gouvernement britannique s'est dit confiant jeudi dans la capacité d'EDF à lancer le vaste investissement attendu pour construire la centrale nucléaire de Hinkley Point, au lendemain d'un conseil d'administration du géant français qui n'a pris aucune décision sur le sujet.

De bons progrès continuent d'être accomplis, afin que Hinkley puisse fournir une énergie propre, abordable et sûre sur laquelle la population et les entreprises britanniques pourraient compter, a expliqué à l'AFP un porte-parole du département de l'Énergie et du Changement climatique.

EDF doit être le maître d'oeuvre pour la construction de deux réacteurs EPR sur le site d'Hinkley Point C, dans le sud-ouest de l'Angleterre, un gigantesque projet de 18 milliards de livres (23,7 milliards d'euros), dont le géant français de l'électricité doit financer les deux-tiers et l'entreprise publique chinoise CGN le tiers restant.

Après la conclusion d'un accord commercial sur le sujet le 21 octobre, des sources proches du dossier avaient confié à l'AFP que la décision finale d'investissement d'EDF, dernière étape avant le lancement de la construction, devait être prise mercredi, lors d'un conseil d'administration du groupe à Paris.

Mais dans un contexte financier tendu pour EDF, les échanges autour de la centrale d'Hinkley n'ont finalement fait l'objet que d'un point d'information et non d'une discussion décisionnaire.

Le financement n'est pas bouclé, d'après une source proche du dossier.

EDF doit en effet déjà financer la maintenance lourde de ses 58 réacteurs nucléaires français, estimée à quelque 55 milliards d'euros d'ici à 2025, et fait face à des interrogations sur la construction de son réacteur de Flamanville (Manche), qui accumule surcoûts et retards.

EDF doit en outre acquérir, auprès du groupe français en difficulté Areva, une participation de 51 à 75% dans l'activité de construction et de services aux réacteurs Areva NP, et EDF devra en outre s'acquitter à terme de la facture du démantèlement à venir de ses réacteurs.

D'après la source proche du dossier, il est possible qu'il y ait une décision sur Hinkley Point lors du prochain conseil d'administration prévu avant la publication des résultats annuels le 16 février, mais c'est peu probable. Il reste beaucoup à faire pour que ce scénario puisse se concrétiser, a-t-il averti, évoquant, au-delà du financement, un sujet au plan industriel.

Le PDG d'EDF, Jean-Bernard Lévy, espère toutefois que d'autres investisseurs pourraient à terme entrer dans le tour de table, aux côtés d'EDF et des Chinois de CGN.

La mise en route des deux EPR d'Hinkley Point C est attendue en 2025. Il s'agirait de la première construction de centrale nucléaire au Royaume-Uni depuis 20 ans et ces réacteurs fourniraient 7% des besoins en électricité du pays, à un prix garanti par les autorités publiques.

mpa-pn/jmi/cj

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(©AFP / 28 janvier 2016 13h12)