Nucléaire: l'Autriche a porté plainte contre l'EPR britannique

Vienne - Le gouvernement autrichien a annoncé avoir porté plainte lundi devant la justice européenne contre le subventionnement par Londres d'un projet de construction d'une centrale nucléaire de type EPR à Hinkley Point, au Royaume-Uni.

La plainte a été déposée lundi devant la Cour européenne de justice et vise la décision du 8 octobre 2014 de la Commission européenne autorisant le gouvernement britannique à subventionner l'extension de la centrale nucléaire de Hinkley Point, a-t-il été précisé dans un communiqué.

Cette plainte fait peser une nouvelle incertitude sur ce projet porté par les français EDF et Areva en partenariat avec les chinois CGN et CNNC, et évalué à 31 milliards d'euros par la Commission européenne.

L'Autriche, qui a renoncé à l'énergie nucléaire en 1978, considère que les subventions doivent être réservées au développement des énergies renouvelables et craint que le feu vert de Bruxelles ne remette en cause la transition énergétique en Europe en relançant la filière nucléaire.

Les subventions sont là pour soutenir des technologies modernes et innovantes qui servent l'intérêt général de tous les Etats membres de l'UE. Cela ne s'applique en aucun cas à l'énergie nucléaire, a souligné le chancelier Werner Faymann dans un communiqué.

En pratique, Vienne conteste l'octroi par Londres d'un prix garanti élevé pendant 35 ans pour l'électricité produite par la future centrale, une disposition avalisée par Bruxelles. L'Autriche s'oppose également à une garantie de jusqu'à 17 milliards de livres apportée au projet par l'Etat britannique, ainsi qu'une clause de dédommagement en cas de fermeture anticipée de l'installation.

EDF n'a pas encore pris de décision finale d'investissement pour ce projet portant sur la construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point, dans le sud de l'Angleterre. Le groupe n'avance plus de date pour cette décision, initialement annoncée pour fin 2014.

Le 2 juillet, une alliance germano-autrichienne de dix fournisseurs d'énergie et services municipaux avaient également annoncé une plainte contre le projet, contestant le risque d'une distorsion de concurrence au détriment des énergies renouvelables.

Ce subventionnement est également contesté par des ONG de défense de l'environnement, des responsables politiques écologistes et d'autres Etats membres de l'UE, comme le Luxembourg.

Londres, qui a fait du projet une pierre angulaire de sa politique énergétique pour les prochaines décennies, s'est dit pour sa part certaine que la décision de la Commission (européenne) est solide et résistera à toute remise en cause.

L'entrée en service de l'installation dite Hinkley Point C est théoriquement prévue pour 2023.

(©AFP / 06 juillet 2015 13h19)
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