Obama promet d'accroître la pression sur la Russie après le drame de Marioupol

Kiev - Le président américain Barack Obama a promis dimanche d'accroître la pression sur la Russie, au lendemain de bombardements sur le port ukrainien de Marioupol attribués aux séparatistes prorusses qui ont tué trente civils.

Dans la foulée, la représentante de la diplomatie européenne Federica Mogherini a annoncé avoir convoqué pour jeudi une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de l'UE, pour discuter de la suite à donner au drame de Marioupol.

Dès samedi, elle avait prévenu que l'escalade dans l'Est de l'Ukraine allait inévitablement provoquer une grave détérioration des relations entre l'UE et la Russie, accusée de soutenir les rebelles, ce que Moscou a toujours démenti.

Les bombardements au lance-roquettes multiples Grad contre un quartier habité de Marioupol, et l'offensive annoncée par les rebelles contre la dernière grande ville de l'Est de l'Ukraine sous contrôle de Kiev, risquent d'ouvrir un nouveau front dans ce conflit de neuf mois, qui a fait plus de 5.000 morts.

Et la conquête de cette ville créerait un couloir terrestre entre la Russie et la péninsule ukrainienne de la Crimée, annexée en mars mais très dépendante de l'Ukraine pour ses approvisionnements en eau et en électricité.

Le président Obama, joignant sa voix au tollé occidental provoqué par l'attaque ayant tué 30 civils et blessé une centaine, a promis d'accroître la pression sur la Russie en lien avec les autres diplomaties occidentales, assurant regarder toutes les options hormis la confrontation militaire.

Pour la première réaction de Moscou en 24 heures, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a affirmé dimanche que ces nouvelles violences étaient provoquées par les attaques permanentes de l'armée ukrainienne contre des localités peuplées.

Le président ukrainien Petro Porochenko a assuré pour sa part, lors d'une réunion extraordinaire de son Conseil de sécurité nationale et de défense, qu'il n'y avait pas d'alternative aux accords de paix signés avec les séparatistes prorusses avec la participation de la Russie et de l'OSCE en septembre.

On ne s'attendait pas à ça

Les drapeaux étaient en berne dimanche dans toute l'Ukraine, où le président Porochenko a décrété une journée de deuil national.

A Marioupol, ville industrielle d'un demi-million d'habitants, les habitants interrogés par l'AFP étaient sous le choc, même si la vie la vie a repris son cours habituel.

Sur les lieux du bombardement, gardés par des soldats, des habitants venaient encore dimanche regarder les dommages.

La voiture de Ioulia Kouzmina, 27 ans, qui résidait dans le fief rebelle de Donetsk mais avait déménagé à Marioupol pour être au calme, a été détruite par des éclats, qui ont également touché son appartement.

J'étais à la maison, j'ai couru vers l'escalier pour descendre. Si je ne l'avais pas fait, j'aurais été blessée ou tuée par des éclats, raconte-t-elle à l'AFP.

On ne s'attendait pas à ça. C'est maintenant dangereux ici mais on ne peut pas partir car on n'a pas de laissez-passer, confie-t-elle.

Je suis sous le choc. Où qu'on soit, les Grad peuvent nous atteindre, soupire une autre résidente de Marioupol, Zoïa Doubranskaïa.

- Dangereuse escalade -

Alors que les combats ont également tué quatre soldats ukrainiens et en ont blessé 17 ces dernières 24 heures dans l'Est selon l'armée, les dirigeants européens ont dénoncé une dangereuse escalade du conflit et eux aussi appelé la Russie à cesser de soutenir la rébellion.

L'apaisement encourage l'agresseur à davantage d'actes de violences, a également estimé le président du Conseil européen Donald Tusk dans un tweet. La Lettonie, présidente en exercice de l'UE, a, elle, réclamé de nouvelles sanctions contre la Russie, pleinement responsable de l'attaque des séparatistes contre Marioupol.

Les observateurs de l'OSCE présents sur place ont conclu samedi que les tirs avaient été effectués depuis des positions contrôlées par les rebelles. Les roquettes sont tombées à 400 mètres d'un check-point de l'armée ukrainienne.

(©AFP / 25 janvier 2015 19h00)
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