Offensive monétaire: la BCE plafonne le partage des risques entre Etats

Francfort - Dans le cadre du vaste programme d'achats d'actifs lancé jeudi par la BCE, seuls 20% des titres achetés seront susceptibles de provoquer des pertes assumées collectivement par l'ensemble des Etats de la zone euro, a annoncé son président Mario Draghi.

20% des achats d'actifs supplémentaires seront soumis à un régime de partage des risques, a expliqué le chef de la BCE, limitant ainsi le degré de solidarité entre contribuables européens lors des futurs achats massifs de dette publique et privée, qui doivent commencer dès mars.

La BCE détiendra 8% des titres supplémentaires achetés, dont les risques seront donc automatiquement mis en commun, a précisé M. Draghi. En supplément, 12% des actifs achetés dans le cadre du programme par les banques centrales nationales comprendront eux aussi un risque mutualisé.

Car ce sont bien les banques centrales des 19 pays de la zone euro, et non la BCE elle-même qui mettront en oeuvre l'essentiel du QE - acronyme d'assouplissement quantitatif désignant des rachats massifs de dette publique - annoncé jeudi.

Les banques centrales nationales assumeront chacune de leur côté les risques de 80% des titres du programme. A cette fin, elles se cantonneront essentiellement à des achats de titres de leur propre pays.

Cette division des risques entre Etats européens était notamment défendue par l'Allemagne, qui ne souhaitait pas payer pour les éventuelles pertes subies par ses partenaires européens.

En pratique, les achats se feront sur la base de la clé de capital de la BCE, a également indiqué M. Draghi. La part dans le capital de la zone euro est elle-même calculée en fonction du poids de son économie dans le bloc. L'Allemagne, première économie de la zone, sera donc la première bénéficiaire du programme en volume.

Des critères d'éligilité supplémentaires pourront être appliqués pour les obligations d'Etats actuellement sous tutelle via un plan d'aide de l'Union européenne et du FMI, a ajouté M. Draghi. C'est notamment le cas de la Grèce, qui élit dimanche son nouveau parlement.

(©AFP / 22 janvier 2015 16h10)