PÉTROLE/Le brut new-yorkais soutenu par la perspective d'un regain de demande

(reprise de vendredi soir)

New York (awp/afp) - Les cours du pétrole coté à New York ont terminé en hausse vendredi, soutenus par la perspective d'un regain de demande de brut aux Etats-Unis et la persistance de risques géopolitiques à l'approche d'un long week-end.

Le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en juillet a gagné 61 cents sur le New York Mercantile Exchange (Nymex) pour s'établir à 104,35 dollars.

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour la même échéance a terminé à 110,54 dollars sur l'IntercontinentalExchange (ICE), en hausse de 18 cent par rapport à la clôture de jeudi.

Les investisseurs parient, selon l'analyste indépendant Andy Lipow, sur un renforcement de la demande en brut avec la fin de saison de maintenance des raffineries au cours des deux prochaines semaines aux Etats-Unis.

Ils misent également sur une hausse de la consommation d'essence à l'approche de la grande saison des déplacements en voiture, lancée officieusement avec le week-end prolongé qui arrive aux Etats-Unis.

Le marché reste par ailleurs selon lui sous l'influence du rapport des autorités américaines diffusé mercredi et "montrant une très forte chute des réserves de brut aux Etats-Unis" la semaine dernière.

Mais les courtiers sont aussi sur leurs gardes face à l'évolution de la situation dans plusieurs pays stratégiquement importants pour le marché énergétique et accordent au brut une prime de risque géopolitique.

En Ukraine, la population est ainsi appelée dimanche à une élection présidentielle considérée comme cruciale après six mois d'une crise politique qui a plongé le pays au bord de la guerre civile et de la partition.

Les investisseurs surveillent de près ce scrutin car ils craignent un impact de la crise ukrainienne sur le marché énergétique européen, alors que Moscou a menacé de couper les approvisionnements de gaz à l'Ukraine le 3 juin, ce qui aurait pour conséquence une rupture dans la livraison des achats européens transitant par ce pays.

En Libye, pays riche en pétrole, la situation politique reste très confuse.

Des élections législatives ont été fixées au 25 juin alors que le gouvernement et le Parlement sont à couteaux tirés et qu'un général dissident rallie de plus en plus de soutiens.

Ces rebondissements n'apaisent en rien les problèmes qui affectent depuis plusieurs mois la production et l'exportation de pétrole dans le pays en raison du blocage par des rebelles autonomistes des principaux ports pétroliers de l'est de la Libye.

Autre élément déstabilisateur, le président de la Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) a démissionné de son poste vendredi et a été, selon une source proche du dossier, remplacé par un membre du conseil d'administration.

Cette source a précisé toutefois que cette démission n'avait "aucun lien avec la crise politique" actuelle dans le pays. Nouri Berouin, 69 ans, "est âgé et se sent fatigué après trois années difficiles à la tête de la NOC", où il avait été nommé après la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

Au Nigeria, plus gros producteur de brut en Afrique, le gouvernement est déstabilisé par la montée en puissance du groupe islamiste armé Boko Haram.

Les échanges sont toutefois restés limités vendredi selon plusieurs analystes, les courtiers hésitant à s'engager franchement avant un week-end prolongé, lundi étant férié à New York comme à Londres.

afp/rp



(AWP / 26.05.2014 06h21)