Pétrole: la foire de Téhéran, un test pour l'Iran et les investisseurs

Téhéran - La Foire internationale du pétrole et du gaz de Téhéran s'ouvre mardi en présence de centaines de sociétés étrangères, signe de l'intérêt que suscitent les réserves énergétiques et le marché iranien dans la perspective de la levée des sanctions internationales.

Pour sa 19e édition, 600 sociétés étrangères ont été enregistrées, contre 195 en 2013, a indiqué à l'AFP Akbar Nematollahi, porte-parole du ministère du Pétrole. Les sociétés chinoises sont bien présentes cette année mais les sociétés occidentales ont une présence plus importante que les années précédentes, a-t-il ajouté.

Si Pékin est devenu l'un des principaux partenaires économiques de l'Iran, Téhéran reproche aux entreprises chinoises de ne pas respecter leurs contrats de développement, et souhaite voir revenir les grandes compagnies internationales qui avaient quitté l'Iran ces dernières années, notamment après le renforcement début 2012 de l'embargo américain et européen sur le secteur énergétique et les transactions bancaires, mis en place pour tenter d'enrayer le programme nucléaire controversé de Téhéran.

Mais depuis la signature d'un accord intérimaire entre l'Iran et les pays du 5+1 (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne), entré en application en janvier, les sanctions pétrochimiques ont été levées, et les compagnies étrangères entendent réinvestir le marché iranien.

Le président Hassan Rohani et le ministre du Pétrole, Bijan Zanganeh, ont martelé ces derniers mois que l'Iran avait besoin de la présence de grands groupes pétroliers pour bénéficier des investissements étrangers et des transferts de technologie. Téhéran a d'ailleurs révisé ses contrats pétroliers et gaziers afin de les rendre plus favorables aux investisseurs.

Les exportations de pétrole ont doublé depuis novembre, lorsque Téhéran a été autorisé à maintenir son niveau d'exportation, soit environ 1,2 million de barils par jour.

- Bon accueil -

Si les entreprises se pressent à Téhéran, elles attendent néanmoins un accord définitif sur le nucléaire, actuellement en discussion, pour revenir de plein pied dans le pays.

L'Iran et le 5+1 espèrent parvenir à un accord global d'ici au 20 juillet.

Signe de la prudence des investisseurs, aucun très haut responsable n'est attendu à la foire --qui doit durer quatre jours-- selon un expert économique occidental.

Total et Siemens seront ainsi représentés par leurs représentants régionaux, a indiqué le porte-parole du ministère du Pétrole.

Mais près d'un an après l'élection de M. Rohani, un modéré qui a relancé les négociations nucléaires avec les grandes puissances, le bon accueil réservé (aux étrangers) permet de renouer ces relations et de présenter les projets. C'est très important, souligne Akbar Nematollahi.

Pour un homme d'affaires européen actif dans le secteur, la foire permet de nouer ou renouer des contacts avec des clients potentiels mais aucun contrat ne devrait être signé tant que toutes les sanctions ne seront pas levées.

J'espère que les responsables occidentaux seront plus accommodants à cause du climat politique général en Iran, a-t-il dit à l'AFP, évoquant les difficultés d'importer du matériel malgré l'allègement de certaines sanctions.

Le succès de la foire reste un signe positif car le marché énergétique de l'Iran est énorme, a expliqué à l'AFP Hatef Haeri, le directeur du cabinet d'experts pétroliers ICG group. L'Iran possède les quatrièmes réserves de brut mondiales et les deuxièmes réserves de gaz après la Russie.

Le plan quinquennal prévoit 150 milliards de dollars d'investissements, dont une partie doit venir de l'étranger, a-t-il rappelé.

Mais les grandes compagnies occidentales craignent des mesures punitives des gouvernements et préfèrent attendre ou se cacher derrière des compagnies iraniennes, estime M. Haeri.

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(©AFP / 06 mai 2014 08h40)