Pétrole: le baril de WTI atteint de nouveaux plus bas en douze ans

Londres - Le WTI, le pétrole échangé à New York, a atteint jeudi de nouveaux plus bas en douze ans, dans un marché asphyxié par l'excédent d'offre que les tensions croissantes au Moyen-Orient, les derniers chiffres sur les stocks américains de brut et les mauvaises données chinoises, ont encore davantage affecté.

Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en février est tombé vers 07H40 GMT à 32,10 dollars, un minimum depuis le 29 décembre 2003.

L'opinion (des investisseurs) à l'égard du WTI a reçu un nouveau coup fatal durant les échanges jeudi, a relevé Lukman Otunuga, analyste chez FXTM.

Les prix ont chuté à un nouveau plancher dans le sillage des tensions croissantes entre l'Arabie saoudite et l'Iran, qui ont saboté tout espoir que les membres de l'Opep puissent s'entendre sur des réductions de production, a ajouté l'analyste.

De même, Michael van Dulken, analyste chez Accendo Markets, a relevé que la situation irano-saoudienne était peu susceptible de fournir un nouveau soutien aux cours du pétrole - même si les investisseurs ont un temps craint pour l'approvisionnement dans la région - car l'Iran devrait encore davantage s'opposer à toute réduction de production de l'Opep alors qu'il s'apprête à revenir sur le marché pétrolier une fois les sanctions occidentales levées.

Le prix du WTI, tout comme celui du Brent, le pétrole échangé à Londres qui a lui aussi signé jeudi de nouveaux plus bas depuis avril 2004, souffrent cruellement de la surabondance d'offre agressive pesant sur le marché et empêchant toute reprise durable des cours.

Les investisseurs ont commencé à perdre patience alors que le déclin du nombre de puits de pétrole en activité (aux États-Unis) n'ont pas réussi à avoir quelque effet que ce soit sur la hausse conséquente des réserves de pétrole, a observé M. Otunuga.

Les derniers chiffres publiés mercredi par le département américain de l'Énergie (DoE) sur l'état des réserves américaines de brut, un important indicateur de la demande du premier consommateur mondial de pétrole, ont en effet à nouveau déçu le marché.

Même si les stocks de brut sont ressortis en nette baisse lors de la semaine achevée le 1er janvier (-5,1 millions de barils), ce déclin s'est accompagné d'une très forte hausse des réserves d'essence et de produits distillés (diesel, fioul de chauffage, kérosène, etc.), qui ont bondi respectivement de 10,6 millions de barils et 6,3 millions de barils.

Ainsi, selon M. Otunuga, la forte augmentation des stocks américains d'essence a renforcé les inquiétudes d'une excédent d'offre soutenu et cela a en conséquence sapé davantage l'attirance des investisseurs pour le pétrole.

En outre, de récents indicateurs chinois venus confirmer le ralentissement de la seconde économie mondiale ont également contribué à la déprime des cours, faisant craindre pour la demande mondiale de matières premières.

Dans ce contexte particulièrement baissier pour l'or noir, est-ce que le baril à 20 dollars prédit par Goldman Sachs pourrait être atteint plus tôt que prévu?, s'interrogeait M. van Dulken.

(©AFP / 07 janvier 2016 11h29)